Un papillon monarque
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AFP/Gabriel Bouys
La migration annuelle des papillons monarques vers le Mexique s'est accrue cette année, après l'effondrement de 75 % de la population constaté l'an dernier, a annoncé lundi la filiale mexicaine du Fonds mondial pour la nature (WWF).
L'organisme indique que les papillons orange et noir qui arrivent du Canada et des États-Unis occupent 4 hectares de forêt pour la saison hivernale 2010-2011, soit plus du double de l'an dernier, quand leur population avait plongé à un niveau sans précédent.
Le directeur du WWF au Mexique, Omar Vidal, prévient toutefois que le nombre de papillons demeure nettement inférieur à la normale.
Les papillons recouvraient 8 hectares de forêt en 2008-2009 et 18 hectares en 1996-1997, un record depuis le début de la compilation de ces statistiques, en 1993.
« Une certaine fluctuation dans les populations d'insectes est normale dans la nature », indique le WWF dans un communiqué.
« Quant aux monarques, ces changements pourraient être surtout explicables par les conditions climatiques », ajoute l'organisme, précisant que la population a pu souffrir de conditions inhabituelles de température et d'humidité en 2009 aux États-Unis et au Canada.
Toutefois, les experts précisent qu'une certaine variation naturelle ne peut expliquer le déclin à long terme du nombre de monarques qui effectuent la longue migration vers leur lieu de naissance.
Selon Lincoln Brower, professeur de zoologie à l'Université de Floride et expert des monarques, l'utilisation de pesticides et de semences génétiquement modifiées aux États-Unis et au Canada pourrait contribuer au déclin.
Mais, surtout, les monarques doivent survivre à la déforestation qui affecte certaines zones forestières de l'État de Michoacan, au Mexique, qui servent d'abri aux insectes contre le froid et la pluie.
Le WWF, des entreprises privées, des groupes internationaux et le gouvernement mexicain tentent de combattre la déforestation depuis une dizaine d'années.
Les efforts semblent fonctionner, puisque seulement 1,5 hectare de forêt a été coupé l'an dernier, en baisse de 97 % par rapport à deux ans auparavant. En 2005, 461 hectares de forêt avaient été coupés.