L'assombrissement des Van Gogh mieux compris

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse
Trois tableaux de la série des Tournesols de Vincent Van Gogh Trois tableaux de la série des Tournesols de Vincent Van Gogh   © AFP/Robbert Slagman

Les rayons ultra-violets (UV) présents dans la lumière seraient en grande partie responsables de la dégradation de l'éclat des jaunes dans certaines oeuvres de Van Gogh et d'autres peintres de la fin du XIXe siècle, selon une étude publiée lundi dans la revue Analytical chemistry.

L'utilisation de couleurs vives par Van Gogh a été possible à l'époque grâce à la fabrication de nouveaux pigments industriels tels que le jaune de chrome.

Son assombrissement, variable selon les tableaux, est lié au niveau d'oxydation du chrome, ont trouvé les chercheurs européens.

Au départ, le pigment était sous forme de chromate, très oxydé. Il était alors jaune éclatant. Mais, au fil du temps, ce pigment est devenu moins oxydé, résume Marine Cotte, chercheuse à l'Installation européenne de rayonnement synchrotron de Grenoble, en France. Le pigment prend alors une couleur brunâtre.

Ce serait surtout les rayons ultraviolets dans la lumière du jour qui provoqueraient cette modification chimique.

Si l'assombrissement du jaune de chrome était déjà un phénomène connu, le processus chimique exact concerné restait ignoré.

Technique innovatrice

Pour révéler cette réaction chimique, les chercheurs ont utilisé les rayons X.

« Notre faisceau de rayons X est 100 fois plus fin qu'un cheveu humain et révèle des processus chimiques complexes sur des zones minuscules », explique Marine Cotte.

Il a ainsi été possible d'analyser séparément la couche de peinture altérée et la couche située en dessous, qui est encore saine, précise-t-elle.

De plus, à partir de restes de tube de peinture jaune datant de l'époque de Van Gogh, les chercheurs ont réalisé des échantillons de peinture, dont une partie était protégée par du papier aluminium et le reste vieilli artificiellement à l'aide d'une lampe UV.

Les chercheurs ont trouvé que, sous le papier aluminium, le pigment n'avait pas changé de couleur mais que toute la partie exposée à la lumière était devenue marron.

Les recherches se poursuivent pour comprendre si des composés chimiques contenant du baryum ou du soufre, présents dans la peinture blanche utilisée par Van Gogh pour rendre le jaune plus lumineux, ont accéléré l'altération de sa peinture.

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