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L'apprentissage de la lecture, un phénomène trop récent pour avoir influé sur l'évolution génétique de l'homme, demande au cerveau de s'adapter et d'utiliser des zones cérébrales destinées à d'autres fonctions, observent des chercheurs français.
Les chercheurs ont identifié plusieurs régions du cerveau (zones colorées) qui réagissent plus fortement lors de la lecture.
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Inserm/Dehaene
Le Dr Laurent Cohen de l'INSERM explique que les humains n'ont pas de système cérébral inné spécialisé pour lire. Ils doivent donc composer avec ce qu'ils ont et utiliser des réseaux qui existent déjà.
Les auteurs l'ont constaté en mesurant à l'aide de l'imagerie par résonnance magnétique l'activité cérébrale de plus de 60 adultes de niveaux d'alphabétisation variables (personnes analphabètes, scolarisées à l'âge adulte ou scolarisées depuis l'enfance). Les participants étaient soumis à divers stimuli comme des phrases parlées et écrites, des mots et des formes.
Ces recherches ont aussi permis d'établir que l'impact de l'alphabétisation était bien plus étendu que d'autres travaux ne l'avaient montré dans le passé.
En outre, les chercheurs ont noté que l'apprentissage de la lecture entraîne une redistribution par le cerveau d'une partie de ses ressources. Par exemple, la reconnaissance visuelle des objets et des visages cède partiellement la place à mesure qu'on apprend à lire et se déplace partiellement dans l'hémisphère droit.
Le chercheur Cohen soutient que l'alphabétisation à l'âge adulte a le même impact sur le cerveau que l'alphabétisation en bas âge.
Le détail de ces travaux est publié dans le magazine Science.