15 février 2010
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Photo: Jürgen Liebig Camponotus floridanus |
Le patrimoine génétique de deux espèces de fourmis a été décrypté par des chercheurs américains et chinois.
Après l'abeille domestique en 2006, ce séquençage est le second d'une famille d'insectes vivant en colonies.
Le Pr Danny Reinberg, de l'Université de New York Langone, et ses collègues estiment que ces travaux permettent de mieux comprendre les comportements sociaux exceptionnels de ces insectes et contribuent aussi à expliquer leur longévité.
Les fourmis sont des créatures extrêmement sociales et leur capacité de survie dépend de leur groupe d'une manière très similaire aux humains.
— Pr Danny Reinberg
Les espèces dont le génome a été séquencé sont la fourmi sauteuse de Jerdon (Harpegnathos saltator) et la fourmi du charpentier de Floride (Camponotus floridanus).
Les travaux ont permis d'établir qu'environ 20 % des gènes de ces espèces sont uniques tandis que quelque 33 % sont identiques à ceux des humains.
Ils ont aussi déterminé que le génome de la fourmi du charpentier compte 240 millions de paires de bases (éléments de base de l'ADN) et que celui de la fourmi sauteuse en totalise 330 millions, cela équivaut à 10 % du génome humain.
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Photo: Jürgen Liebig Harpegnathos saltator |
En outre, le génome de la fourmi du charpentier a 17 064 gènes, contre 18 564 pour la fourmi sauteuse. En comparaison, le génome humain est formé de quelque 23 000 gènes.
L'épigénétique en question
Les auteurs des travaux publiés dans le magazine Science ont eu recours à l'épigénétique pour analyser les génomes. Cette branche de la recherche en génétique étudie comment l'environnement et l'histoire d'un individu influent sur les gènes, et plus précisément l'ensemble des modifications génétiques qui se transmettent de génération en génération.
Qu'elles soient travailleuses, soldates ou reines, les fourmis sont un modèle de recherche idéal pour déterminer si l'épigénétique influence le comportement et le vieillissement.
— Pr Danny Reinberg
Les scientifiques ont donc cherché à comprendre comment l'épigénétique agit sur la longévité dans certaines fourmilières où les reines vivent jusqu'à dix fois plus longtemps que les fourmis travailleuses, qui vivent de trois semaines à un an alors que la reine peut vivre plusieurs années.
L'analyse des génomes de ces deux espèces de fourmi a révélé les différents comportements et rôles joués par les ouvrières.
Toutes les fourmis de la colonie naissent avec le même code génétique, affirment les chercheurs. Ces derniers déduisent donc que les différents branchements neuronaux qui déterminent le comportement correspondant à chaque rang social doivent être contrôlés par des mécanismes épigénétiques.
Les fourmis sauteuses vivent dans de petites colonies. Quand la reine meurt, les ouvrières se battent jusqu'à ce qu'une nouvelle souveraine s'impose.
L'étude a montré que ces nouvelles reines vivent plus longtemps que leurs ouvrières. Elles possèdent davantage de protéines liées à la longévité et de télomérases, une enzyme réparatrice de chromosomes.
Les auteurs veulent maintenant manipuler le génome de ces fourmis pour déterminer la fonction spécifique des gènes liés au vieillissement et au comportement.
Ces recherches pourront aider à mieux comprendre les effets de l'épigénétique sur les fonctions du cerveau humain.
Radio-Canada.ca avec Agence France Presse
15 février 2010
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