Le centre de la Voie lactée
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NASA/ASE
« Là où l'on voit dix galaxies, il pourrait y en avoir cent ». C'est dans ces mots que l'astronome européen Matthew Hayes explique à quel point les observations traditionnelles du ciel ne permettent pas de voir l'ensemble des galaxies présentes dans l'Univers lointain.
Une nouvelle technique développée par des chercheurs européens permet de détecter de nombreuses galaxies invisibles jusqu'à ce jour.
Grâce à une nouvelle technique toutefois, lui et ses collègues de l'Observatoire astronomique de l'Université de Genève ont pu observer une grande quantité des galaxies les moins lumineuses datant de l'enfance de l'Univers et situées à 10 milliards d'années-lumière.
Explications
Les astronomes se servent actuellement d'un rayonnement caractéristique de l'hydrogène, élément le plus abondant de l'Univers, pour détecter les galaxies.
Chauffé par la naissance d'étoiles, l'hydrogène émet dans l'ultraviolet une onde appelée « raie Lyman-alpha », du nom du physicien Théodore Lyman, qui l'a découverte.
Cette raie est donc utilisée pour détecter les galaxies, mais de nombreux photons (particules de lumière) émis dans cette longueur d'onde sont interceptés par des nuages de gaz interstellaires et des poussières. Ainsi, une grande partie du rayonnement reste prisonnier de la galaxie d'origine.
Deux raies valent mieux qu'une
L'équipe suisse a pu observer des galaxies lointaines en jumelant l'observation de deux raies : celle de Lyman-alpha et une autre longueur d'onde caractéristique de l'hydrogène chaud, la raie H-alpha.
Cette dernière, moins susceptible d'être absorbée par des gaz interstellaires froids, a permis de détecter des galaxies jusque-là inconnues dans une région du ciel pourtant bien étudiée.
Les chercheurs estiment que la méthode permettra de créer des représentations plus exactes du cosmos et de mieux cerner la vitesse à laquelle les étoiles se sont formées à différentes époques de l'Univers.
Par exemple, les auteurs des travaux ont établi qu'une galaxie massive de cette époque lointaine pouvait créer des étoiles semblables au Soleil 100 fois plus vite que ne le fait actuellement notre Voie lactée.
Le détail de ces travaux est publié dans le magazine Nature.