Le cancer du sein peut compter sur des alliés dans la solitude et le stress. Des expériences menées par des chercheurs américains ont permis d'établir que l'isolement social et le stress vécu par des rats isolés rendent ce cancer à la fois plus probable et plus agressif.
L'isolement social et le stress rendent le cancer du sein à la fois plus probable et plus mortel chez le rat, observent des chercheurs américains, qui pensent que cette réalité peut avoir les mêmes effets chez les humains.
Les auteurs de ces travaux menés aux universités de Chicago et Yale pensent que leurs données peuvent être transposées aux humains.
La solitude et le stress se traduiraient par une augmentation de 3,3 fois du risque de développer un cancer chez les rats qui présentaient des tumeurs mammaires. Ces tumeurs étaient également plus malignes que chez ceux qui vivaient en groupe.
Les bêtes isolées présentaient aussi des niveaux plus élevés d'une hormone du stress appelé corticostérone et prenaient plus de temps que les autres à se remettre d'une situation stressante.
La chercheuse Gretchen Hermes, de l'Université Yale, estime que ces résultats invitent à approfondir davantage la relation entre l'environnement, les émotions et les maladies.
D'autres experts affirment toutefois que d'autres études sont nécessaires afin de confirmer cette hypothèse.
M. Ed Yong, de l'association britannique Cancer Research UK, rappelle que cette étude a été menée sur des rats, et que rien à ce jour ne permet d'établir un lien direct entre le stress et le cancer du sein chez l'humain.
Selon lui, il est possible qu'une situation stressante influe indirectement sur le risque du cancer en rendant les personnes plus susceptibles d'avoir des comportements à risque comme fumer, trop manger ou trop boire.
D'autres recherches ont déjà montré que les personnes atteintes du cancer qui sont dépressives ont moins de chance de survie que les autres.
Le détail de ces travaux est publié dans les Annales de l'Académie américaine des sciences (PNAS).