Résurgence des cas de syphilis au Canada

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Un condom  Photo :  IS/iStockphotos

Le nombre de cas de syphilis a considérablement augmenté au cours des 20 dernières années au Canada, passant de 177 en 1993 à 1750 en 2010. Il en est de même avec les autres maladies transmises sexuellement comme la chlamydia et la gonorrhée.

Selon le Dr Howard Njoo de l'Agence de la santé publique du Canada, il s'agit essentiellement d'un indicateur général de l'activité sexuelle des gens. Contrairement à la chlamydia et à la gonorrhée, la syphilis frappe davantage les gens de 30 ans et plus.

En entrevue à la Presse Canadienne jeudi, le Dr Njoo a également précisé que les hommes étaient les principales victimes de cette maladie, soit 90,5 % des cas rapportés. Plusieurs d'entre eux sont des homosexuels, bien que les groupes à risque comprennent des travailleurs de l'industrie du sexe, des consommateurs de drogue injectable et des personnes ayant de multiples partenaires sexuels.

Pour la Dre Vanessa Allen, microbiologiste à Santé publique Ontario, cette résurgence de la syphilis démontre comment les gens sont vulnérables. Selon la spécialiste, qui comptabilise le nombre de cas à travers la province, la maladie est loin d'avoir disparu, contrairement à ce qu'on pense. On y fait moins attention parce qu'il s'agit d'une infection qu'on peut traiter, mais elle peut entraîner des conséquences sérieuses si elle n'est pas diagnostiquée et soignée.

Des maladies en recrudescenceLa syphilis

La syphilis, causée par la bactérie Treponema pallidum, est souvent appelée la grande imitatrice en raison de ses symptômes similaires à ceux de plusieurs autres maladies. De plus, souvent, aucun symptôme ne se manifeste. Le porteur, ne sachant pas qu'il est atteint, va contaminer plusieurs de ses partenaires.

Parmi les signes évidents de la syphilis, on retrouve le chancre, un genre d'ulcère qui apparaît de 10 à 90 jours après le contact physique. Mais comme il n'est pas douloureux, on n'y fait pas attention, surtout lorsqu'il est dans la bouche.

L'étape suivante survient lorsque la bactérie circule dans le système sanguin. Apparaissent alors la fièvre, les maux de tête et une éruption cutanée. C'est à ce moment-là que les gens sont les plus contagieux.

Les malaises s'atténuent après deux semaines, mais la bactérie demeure, infectant les tissus,, y compris ceux du cerveau, ce qui peut conduire à la cécité, à une détérioration de l'apparence physique et à des dommages au cerveau connus sous le nom de neurosyphilis.

La chlamydia

Cette infection tire son nom de la bactérie pathogène Chlamydia trachomatis. La maladie est difficile à repérer parce que la plupart des personnes infectées ne présentent aucun symptôme. Elle est l'infection transmise sexuellement la plus fréquente en Amérique du Nord. Elle touche aussi bien les hommes que les femmes, même si plus de cas sont rapportés chez les femmes.

La chlamydia est facile à traiter, mais peut entraîner des complications graves si elle n'est pas dépistée assez tôt. Quelque 40 % des femmes non traitées développeront une maladie inflammatoire pelvienne qui peut être très douloureuse. Une infection non traitée fait augmenter le risque d'infertilité et de grossesse anormale.

La gonorrhée

La maladie, appelée communément chaude-pisse, est provoquée par la bactérie Neisseria gonorrhoeæ. Elle est asymptomatique chez environ 50 % des femmes et 2 % à 5 % des hommes. Il s'agit de la deuxième infection transmise sexuellement en Amérique du Nord. Lorsqu'elle se manifeste, elle se caractérise le plus fréquemment par une sensation de brûlure en urinant et des écoulements de pus au niveau des organes génitaux.

Sans traitement, elle peut provoquer des complications graves et permanentes. Par exemple, chez la femme, elle peut entraîner des douleurs pelviennes chroniques et des grossesses extra-utérines. La gonorrhée peut aussi mener à l'infertilité, plus fréquemment chez la femme, mais également chez l'homme. De plus, elle facilite la transmission du VIH.

Les infectiologues estiment que dans 3 % à 4 % des cas, une infection non traitée peut se propager à la peau, au sang, aux articulations ou même au coeur et provoquer des lésions mortelles.

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