Pénurie de médicaments : le réseau de la santé sonne toujours l'alarme

Des médicaments injectables de Sandoz dans une pharmacie de la Ville de Québec. Des médicaments injectables de Sandoz dans une pharmacie de la Ville de Québec.  Photo :  PC/Jacques Boissinot

Les problèmes de production qui touchent l'usine Sandoz de Boucherville compliquent le travail des pharmaciens, une situation qui pourrait perdurer dans la mesure où une reprise complète des activités pourrait encore se faire attendre.

Bien que la production de Sandoz ait partiellement repris lundi, une semaine après avoir été interrompue en raison d'un incendie, les professionnels de la santé doivent « faire des pirouettes » au quotidien pour substituer les stocks restants.

Même si le fabricant de médicaments génériques Sandoz refuse de parler de « délais », l'Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec affirme qu'il faudra encore plusieurs mois pour retrouver le rythme de production d'avant novembre dernier, et ce, malgré une reprise partielle des activités du fabricant annoncée lundi.

Parmi les 230 médicaments génériques injectables produits à Boucherville, 35 médicaments qui touchent principalement des patients de blocs opératoires, des patients aux soins intensifs et palliatifs, et en oncologie se trouvent dans une « situation critique ».

Plusieurs pharmaciens doivent s'imposer des rationnements et changer les concentrations de certains médicaments, substituer ou étirer des stocks restants. Santé Canada aurait même assoupli certaines règles pour obtenir des médicaments à l'étranger.

« Les anesthésistes utilisent tous les jours beaucoup de produits, dits narcotiques, pour endormir les patients, pour les intuber. Ces produits sont en rupture; il y en a encore, mais il faut doser », explique Linda Vaillant, directrice générale de l'Association des pharmaciens des établissements de santé de Québec.

Le fabricant de médicaments Sandoz a commencé à réduire sa production en novembre, mais le réseau de la santé n'en a été informé qu'en février. Cette plus récente pénurie des médicaments soulève des débats sur la concentration de la production parmi quelques gros joueurs, et sur l'obligation pour les compagnies pharmaceutiques de déclarer de telles diminutions.

Pour Diane Lamarre, présidente de l'Ordre des pharmaciens du Québec, l'épisode Sandoz n'est que « la goutte qui fait déborder le vase ». « Depuis 2006, on a une augmentation des médicaments qui sont manquants chaque année, et une prolongation des durées pendant lesquelles ces produits sont manquants. Alors, avant, on avait une pénurie et ça se résorbait en quelques semaines, maintenant ce sont des mois », affirme-t-elle.

La présidente de l'Ordre des pharmaciens propose d'arrêter « d'éteindre des feux » et de se doter d'une loi, comme en France et aux États-Unis, qui donne des garanties pour que certains médicaments essentiels ne puissent pas être en rupture de stock.

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