VIH/Sida : une espérance de vie presque normale

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse
Des Ougandais L'étude a été menée en Ouganda, mais les auteurs estiment qu'elle reflète la situation dans les autres régions du monde où le traitement combiné du VIH est disponible.   © iStockphoto

Les personnes infectées au VIH peuvent maintenant espérer vivre aussi longtemps que les autres si elles sont traitées tôt et efficacement, ont démontré des chercheurs canadiens.

Des équipes des universités de la Colombie-Britannique et d'Ottawa arrivent à cette conclusion après avoir suivi 22 315 Ougandais séropositifs qui ont reçu des antirétroviraux (cART) sur une période de dix ans.

C'est la première étude à grande échelle de l'espérance de vie des patients atteints du VIH en Afrique qui sont traités aux cART.

Des écarts existent cependant entre différents groupes de patients. Par exemple, les femmes ont une espérance de vie nettement plus importante que les hommes. Pourquoi? Elles ont accès à un traitement plus rapidement parce qu'elles subissent plus souvent des tests, par exemple lors des grossesses.

Il existe ainsi, selon les chercheurs, une forte association entre le nombre de cellules CD4 (les cellules de l'immunité) et la mortalité. Ceux qui commençaient le traitement plus tôt et avec un compte de CD4 plus élevé vivaient donc plus longtemps.

« Cela montre que recevoir un diagnostic et un traitement de l'infection au VIH dans des zones à ressources limitées ne devrait pas être considéré comme une peine de mort. » — Edward Mills, Université d'Ottawa

En Ouganda, l'espérance de vie, qui à la naissance est d'environ 55 ans, augmente à mesure que les individus dépassent certains jalons importants. Pour l'ensemble de la cohorte, l'espérance de vie à 20 ans avait augmenté de 26,7 années et à 35 ans, de 27,9 années.

Par sexe, à l'âge de 20 ans, l'espérance de vie était de 19 ans pour les hommes et de 30,6 ans pour les femmes. À 35 ans, elle était de 22 ans pour les hommes et de 32,5 ans pour les femmes.

Ces résultats renforcent, selon les auteurs, le besoin de financer et d'améliorer les programmes de traitement simplifié du VIH.

Cette étude est publiée dans les Annals of Internal Medecine et est financée par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Elle a été présentée à l'occasion de la conférence scientifique internationale de l'Association internationale du sida (IAS) qui se tient à Rome, en Italie.

Le saviez-vous?Environ la moitié des 33 millions de personnes qui vivent avec le VIH savent qu'elles sont séropositives.

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