Les effets indésirables de la dopamine expliqués

Un homme discute avec une infirmière La maladie de Parkinson est la deuxième maladie neurodégénérative la plus répandue après la maladie d'Alzheimer.   © iStockphoto

Plusieurs personnes atteintes du parkinson utilisent des médicaments à base de dopamine pour soulager les symptômes moteurs qui accompagnent la maladie. Toutefois, cette substance peut parfois avoir des effets sur la cognition.

Les travaux du Dr Oury Monchi et de ses collègues du Centre de recherche de l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM) ont permis de mieux cerner l'effet des médicaments à base de dopamine sur les déficits cognitifs reliés à cette maladie qui touche environ 100 000 Canadiens.

ContexteLa maladie de Parkinson débute habituellement entre 45 et 70 ans. Pour une raison toujours inconnue, les cellules qui produisent la dopamine, un produit chimique qui transmet les signaux vers une certaine région du cerveau, meurent. La dopamine régissant notamment les mouvements, c'est à ce moment que l'on voit alors apparaître les symptômes moteurs de la maladie de Parkinson.

Explications

La médecine sait que le striatum est la région du cerveau la plus affectée par la perte de dopamine qui accompagne le parkinson. Cette région est divisée en plusieurs parties. Dans la maladie de Parkinson, c'est la partie dorsale qui est très endommagée, alors que le striatum ventral est relativement préservé, dans les premières phases de la maladie, à tout le moins.

L'équipe montréalaise a découvert que si les fonctions du striatum dorsal sont améliorées grâce aux médicaments à base de dopamine, le striatum ventral, lui, subit une surdose de dopamine, ce qui nuit à son bon fonctionnement.

Les effets de la dopamine sur les problèmes cognitifs observés dans la maladie de Parkinson étaient controversés.

Le but de l'équipe du Dr Oury Monchi était donc de faire le point sur la question.

Pour y arriver, l'équipe a combiné des séries de tâches en laboratoire avec la neuroimagerie médicale. Elle a ainsi pu établir clairement les fonctions cognitives spécifiques aux striatums dorsal et ventral.

« La thérapie médicamenteuse à la dopamine est le meilleur traitement à ce jour pour contrôler les symptômes moteurs de la maladie. Elle peut toutefois avoir des effets négatifs sur des aspects précis de la cognition chez certains patients. Notre découverte nous permettra donc d'explorer d'autres avenues thérapeutiques, médicamenteuses ou non, qui pourront aider les personnes atteintes dans la globalité de leur maladie. » — Dre Penny A. MacDonald, neurologue

Ces travaux publiés dans le journal Brain pourraient contribuer au développement de la médecine personnalisée, estiment les auteurs.

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