Sida : sur les traces d’une pandémie

Canada : Le nouveau visage du sida

Conférence internationale sur le VIH/sida

Au Canada, le nombre de cas de personnes atteintes du sida est de retour au niveau de 1982, au moment où la maladie frappait de plein fouet la communauté homosexuelle. Mais cette fois-ci, les victimes sont beaucoup plus les utilisateurs de drogues intraveineuses, les nouveaux immigrants et les Autochtones.

De nouvelles données présentées à la Conférence internationale sur le sida, à Vienne, démontrent que cette maladie prend un nouveau visage au Canada. En 2008, 9 Canadiens sur 100 000 étaient diagnostiqués porteurs du VIH, une partie importante dans les communautés autochtones, trois fois plus de nouveaux cas que dans la population en général.

Chez les immigrants provenant de pays où la maladie est endémique, c'est sept fois plus de nouveaux cas. Mais il n'en reste pas moins que 44 % des nouveaux cas au pays sont des hommes homosexuels.

« C'est comme si on tenait pour acquis que le problème est réglé [...] à cause de la trithérapie. Les succès de la trithérapie font que c'est une épidémie qui est silencieuse actuellement. » — Le Dr Réjean Thomas, Clinique l'Actuel

En 10 ans, le problème a explosé dans l'Ouest canadien. La Saskatchewan est la plus touchée : 20 nouveaux cas sur 100 000 habitants, le double de la moyenne canadienne. Les trois quarts sont des utilisateurs de drogues intraveineuses, surtout chez les prostituées autochtones.

Selon le Dr Thomas, ce qui arrive aux populations de la Saskatchewan devrait pousser les autorités à commencer à cibler la prévention chez les communautés à risque ailleurs au pays.

Le gouvernement de la Saskatchewan vient d'allouer 2,5 millions sur trois ans pour venir en aide à ces populations. Au Québec, le budget de prévention du VIH est de 2 millions par année.

« Ça marche, la prévention, si on la fait bien, si on la cible et si on met les sous. L'argent, ça reste le nerf de la guerre. » — Le Dr Réjean Thomas

Environ 65 000 personnes vivent avec le VIH au pays. La bonne nouvelle, c'est que, depuis les années 1980, le taux de mortalité a chuté de 1800 à 500 par année.

D'après un reportage de Michel Rochon