Vers des traitements plus précoces

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et La Presse Canadienne
Bill Clinton Bill Clinton, le 19 juillet 2010   © AFP/SAMUEL KUBANI

Les 20 000 participants à la 18e conférence internationale sur le sida ont entamé leurs travaux lundi, à Vienne, en Autriche.

Alors que les politiciens discutent du financement de la lutte contre le VIH/sida et de l'importance de bien dépenser les fonds recueillis, des chercheurs présentent des travaux qui montrent les bienfaits des traitements précoces sur la transmission du virus.

L'ancien président américain Bill Clinton a déclaré qu'une utilisation plus efficace des fonds dans la lutte contre le VIH/sida était nécessaire, afin que les personnes ayant besoin de traitements puissent en recevoir.

« Je pense que dans trop de pays, trop d'argent sert à payer trop de gens pour aller à trop de réunions, et prendre trop d'avions. » — Bill Clinton

Lors de l'ouverture, dimanche, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'était dit préoccupé du fait que les gouvernements réduisent leur aide à la lutte contre le sida en raison des difficultés de l'économie mondiale.

Nouvelle directive

Par ailleurs, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a présenté une nouvelle directive pour lutter contre l'infection. L'OMS recommande maintenant de commencer le traitement antiviral plus tôt en utilisant des molécules moins toxiques.

Cette nouvelle mesure devrait augmenter le nombre des personnes traitées de 49 % et faire baisser le nombre des décès de 20 % d'ici à 2015, estime l'OMS.

Elle aura aussi un effet préventif. Ce traitement plus hâtif réduira le niveau du virus dans le corps des personnes atteintes, qui seront moins susceptibles de le transmettre à leurs partenaires.

Cette recommandation aura toutefois une incidence sur le coût, et l'OMS reconnaît qu'elle ne pourra s'appliquer immédiatement dans tous les pays.

En 2009, quelque 5,2 millions de personnes dans le monde recevaient un traitement antirétroviral contre le VIH/sida, ce qui représentait une augmentation de 1,2 million sur un an (OMS). La nouvelle directive ferait passer à 15 millions le nombre des personnes pour lesquelles le traitement serait recommandé.

Cette mesure rejoint les résultats d'études présentées lundi, dont l'une publiée dans The Lancet, qui montre que le fait de placer les séropositifs sous trithérapie divise par deux le nombre de nouveaux cas d'infection au VIH. Les chercheurs notent que leurs résultats appuient une utilisation des trithérapies pour réduire la transmission du VIH.

Jacqueline Mukamwetenzi, une des Rwandaises qui utilisent APO-TriAvir, et deux de ses enfants Les femmes représentent 60 % des personnes contaminées par le VIH en Afrique, où l'on compte 70 % des cas de contamination enregistrés dans le monde.

Les résultats d'une autre étude, publiée dans le journal JAMA, de l'Association médicale américaine, montrent que le fait de commencer tôt le traitement, bien avant l'apparition de symptômes, empêche la destruction progressive du système immunitaire et permet aux personnes infectées de mieux lutter contre le virus.

Un gel microbicide efficace

Des chercheurs ont aussi présenté les résultats d'un essai mené auprès de femmes d'Afrique du Sud de 18 à 40 ans séronégatives et sexuellement actives. Cette étude a montré qu'un gel microbicide contenant un antirétroviral réduit jusqu'à 54 % le risque de contamination par le VIH par rapport à un gel qui n'en contient pas.

Selon les auteurs de l'essai, ce gel pourrait améliorer la prévention du VIH, particulièrement pour les femmes, qui ne peuvent être sûres de la monogamie de leur partenaire ni lui imposer l'usage du préservatif.

La conférence, qui réunit chercheurs, experts, membres d'associations et malades, se tient jusqu'au 23 juillet.

Dr Rafick-Pierre Sékaly Les chercheurs à l'origine du vaccin québécois présenté à Vienne: Nicolas Chomont, Rafick-Pierre Sékaly et Jean-Pierre Routy   © Université de Montréal

Des résultats d'études attendus, concernant notamment des vaccins, seront présentés durant la rencontre.

Le saviez-vous?Le Dr Jean-Pierre Routy, chercheur au Centre universitaire de santé McGill, fait partie des quelques Canadiens qui présentent leurs travaux à cette conférence. Il expliquera lundi les résultats del'essai clinique d'un vaccin personnalisé qui pourrait remplacer la trithérapie.

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