L'espoir d'un vaccin renaît

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse
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La recherche d'un vaccin contre le VIH/sida, responsable de la mort de plus de 30 millions de personnes depuis le début des années 80, entre dans une nouvelle phase.

Trois antigènes capables de bloquer en laboratoire la plupart des souches connues du VIH sont découverts par des virologues américains et européens, ce qui ouvre la voie à la mise au point potentielle d'un vaccin efficace.

Des équipes américaines et européennes ont découvert que trois antigènes naturels empêchent l'infection des cellules humaines par plus de 90 % des variétés de VIH en circulation dans le monde.

Mieux encore, les chercheurs ont aussi cerné le mécanisme biologique grâce auquel ces anticorps bloquent le virus, et ce, avec une efficacité sans précédent.

« La découverte de ces antigènes aux pouvoirs exceptionnellement étendus de neutralisation du VIH et l'analyse expliquant comment ils opèrent représentent des percées exaltantes qui vont accélérer nos efforts pour découvrir un vaccin capable de protéger de façon étendue contre le virus du sida. » — Dr Anthony Fauci

Le Dr Fauci, de l'Institut américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), soutient que la technique utilisée pour identifier les anticorps représente une nouvelle approche qui pourrait mener à la conception de vaccins contre de nombreuses autres maladies infectieuses.

Les anticorps en question

Des équipes de plusieurs facultés de médecine, dont celle de Harvard, ont participé à ces travaux qui ont permis d'isoler trois anticorps dans le sang d'un séropositif.

Les chercheurs ont ensuite pu séparer les anticorps à l'aide d'un nouvel outil moléculaire formé d'une des protéines constituant le VIH. Ils l'ont modifiée de façon à ce qu'elle se fixe sur des cellules produisant des anticorps qui neutralisent le virus.

Ensuite, cette protéine a été programmée pour réagir seulement aux anticorps spécifiques à l'endroit où le virus s'agrippe aux cellules du corps humain qu'il infecte.

Les chercheurs ont ensuite développé les composants d'un vaccin pouvant apprendre au système immunitaire humain à produire de grandes quantités d'anticorps semblables aux deux antigènes.

À ce jour, identifier des anticorps capables de neutraliser des souches de VIH partout dans le monde s'était avéré impossible, puisque le virus change constamment les protéines qui recouvrent sa surface pour échapper au système immunitaire.

Cette capacité de mutation a abouti à un nombre de variantes du VIH. Les virologues ont quand même pu détecter certaines zones à la surface du virus qui restent constantes dans toutes les souches, dont celles où s'attachent les antigènes.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Science.