©
AFP
Le recours à l'héroïne pharmaceutique donnerait de meilleurs résultats que l'utilisation de méthadone pour sevrer les héroïnomanes chez qui les autres types de traitement ont échoué, soutiennent des chercheurs canadiens.
La consommation sous supervision d'héroïne pharmaceutique constitue un meilleur traitement que la méthadone pour désintoxiquer les toxicomanes chez qui les autres types de traitement ont échoué, montrent des chercheurs canadiens.
Publiés dans le journal New England Journal of Medicine, les résultats de la première étude nord-américaine sur le traitement à l'héroïne sous supervision médicale (NAOMI) confirment que la consommation d'héroïne pharmaceutique constitue un traitement sûr et efficace pour les toxicomanes chez qui les autres types de traitement n'ont pas été concluants.
L'article, qui est accompagné d'un éditorial de soutien de la part de l'équipe du journal, analyse les résultats d'une expérience canadienne d'injection d'héroïne sous supervision menée auprès de 251 participants dans les villes de Vancouver et de Montréal.
Ces données prouvent que la diacétylmorphine administrée sous surveillance médicale (DAM) donne des résultats supérieurs à ceux d'un traitement de substitution à la méthadone seule pour les patients dépendants des opiacés et réfractaires à tout traitement.
Après douze mois de traitement, les participants traités à la DAM étaient plus nombreux à rester en traitement que ceux traités à la méthadone. Les taux de rétention en traitement étaient de 88 % pour le DAM et de 54 % pour la méthadone. Dans les deux cas, les sommes consacrées à l'achat de drogues ont diminué de près de la moitié.
En Amérique du Nord, la dépendance aux opiacés est une maladie chronique récurrente qui touche plus d'un million de personnes.
Des études menées en Europe ont révélé que la DAM pouvait représenter un traitement efficace pour ces personnes.
Aux Pays-Bas et en Suisse par exemple, les médecins ont le droit de prescrire de l'héroïne pharmaceutique à certains toxicomanes, ce qui n'est pas le cas au Canada. Le gouvernement fédéral a tout de même permis la tenue du projet NAOMI, une expérience menée à Vancouver et à Montréal.
Ce traitement présente un autre avantage: les deux tiers des participants ont diminué considérablement, voire arrêté, leurs activités illégales, contre moins de la moitié pour la méthadone.
La phase 2 de l'expérience NAOMI est actuellement en préparation.