![]() SantéVIH/Sida Une nouvelle souche du virusMise à jour le lundi 3 août 2009 à 17 h 17
Une nouvelle souche du VIH de type 1, qui est à l'origine de la majorité des cas de sida, a été découverte chez une femme d'origine camerounaise. C'est ce qu'ont rapporté des chercheurs français dans un article publié dimanche dans la revue Nature Medicine. Les scientifiques ont précisé que la femme, qui est âgée de 62 ans, a reçu son diagnostic en 2004 peu après son arrivée à Paris. Elle ne présente pas de symptômes d'une infection au VIH et a été contaminée par une autre personne. Cette nouvelle forme du virus de type 1 est très proche sur le plan génétique du virus d'immunodéficience simien SIVgor, découvert récemment chez le gorille. Le nouveau variant a été identifié par l'équipe de Jean-Christophe Plantier, du Laboratoire associé au Centre national de référence du virus de l'immunodéficience humaine du Centre hospitalier de Rouen. Nos conclusions indiquent que les gorilles, en plus des chimpanzés, sont de probables sources de VIH-1. — Jean-Christophe Plantier Le nouveau virus semble être le prototype d'un nouveau groupe du type VIH-1. Il est connu sous le nom de « groupe P » par les chercheurs. Il existe deux types de virus du sida. Le VIH-1 est majoritaire, tandis que le VIH-2 est peu fréquent. Le VIH-1 est divisé en trois groupes. Il y a le M, qui est à l'origine de la pandémie mondiale, et deux autres groupes très rares, le O et le N. L'impact de ce nouveau groupe P pourrait se situer sensiblement au même niveau que le groupe O. Celui-ci représente 1 % des infections provoquées par le VIH au Cameroun. En France, une centaine de patients en sont touchés. Les chercheurs ajoutent que la découverte de cette nouvelle lignée met en évidence la nécessité de surveiller de près l'émergence de nouveaux variants du VIH, plus particulièrement en Afrique centrale. De plus, la nouvelle souche pose des difficultés sur le plan du diagnostic et de la thérapie. En entrevue au Réseau de l'information, le directeur du Centre sida McGill de l'Hôpital général juif de Montréal, Mark Wainberg, a déclaré que cette découverte était préoccupante. Ces souches qui sont nouvellement découvertes pourront muter pour, potentiellement, changer leur comportement antigénique ou immunologique. Donc, pour ceux qui veulent développer un vaccin pour protéger contre le sida, ceci pourra représenter un vrai obstacle. — Mark Wainberg Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Reuters Chroniques
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