Percée canadienne majeure

Tumeur Une tumeur cancéreuse   © iStockPhoto

Les bienfaits de l'emploi de l'antiviral ribavirine dans le traitement de patients atteints de cancer ont été démontrés par une équipe de l'Université de Montréal.

Un médicament antiviral utilisé pour traiter l'hépatite C et le VIH se révèle efficace pour combattre 30 % des cancers, dont la leucémie, montrent des chercheurs de l'Université de Montréal.

En fait, le médicament utilisé entre autres pour traiter l'hépatite C et le VIH pourrait se révéler efficace dans le traitement de 30 % des cancers.

Un essai clinique à l'échelle canadienne a déjà été mené à l'instigation de la Dre Katherine Borden, de l'Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l'Université de Montréal.

Cette expérimentation a permis d'établir que la ribavirine supprime l'activité d'un gène précis, le eIF4E. Ce gène est dérégulé dans 30 % des cancers, y compris les cancers du sein, de la prostate, de la tête et du cou, du côlon et de l'estomac.

« Les résultats que nous avons obtenus sont les premiers à montrer que le ciblage du gène eIF4E chez l'humain procure des bienfaits cliniques. » — Dre Katherine Borden, IRIC

Les essais ont également permis de démontrer que la ribavirine n'avait aucun effet indésirable chez les patients.

Des résultats surprenants

Les participants à cet essai étaient tous atteints de leucémie myéloïde aiguë et avaient déjà reçu plusieurs autres traitements s'étant soldés par un échec.

Les chercheurs ont noté une amélioration spectaculaire de l'état des patients. Plusieurs sont actuellement en rémission partielle ou complète.

Le prochain objectif de l'équipe montréalaise est de vaincre la résistance à la ribavirine qui survient avec le temps.

Selon la Dre Borden, l'association à des agents chimiothérapeutiques pourrait accroître l'efficacité d'un éventuel traitement. Les prochains essais viseront donc à résoudre ce problème.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue scientifique Blood.

Ces travaux ont été réalisés conjointement par l'équipe de la Dre Borden et celle de la Dre Sarit Assouline du Centre du cancer Segal de l'Hôpital général juif. Plusieurs équipes ont participé aux essais, dont celles des Drs Brian Leber de McMaster University/Hamilton Health Sciences, en Ontario, et Denis-Claude Roy de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont à Montréal. L'essai a été rendu possible grâce à une subvention de 600 000 $ octroyée à la Dre Borden par la société américaine Leukemia and Lymphoma.

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