La Sierra Leone, un petit pays de près de 5 millions d’habitants
d’Afrique de l’Ouest, vient de traverser 11 ans de guerre
civile. Le conflit opposait avant tout des Sierra-Léonais,
mais des pays voisins comme le Libéria y ont aussi joué
un rôle important. L’ex-président du Libéria,
Charles Taylor, a fourni les armes aux rebelles en échange
de diamants, dont regorge la Sierra Leone.
La guerre a fait au moins 50 000 morts et 2 millions de réfugiés.
L’une des tristes marques de commerce du conflit était
l’amputation des bras et des jambes de l’ennemi, la
plupart du temps des civils sans défense. Cette pratique
ainsi que le recours systématique à des enfants soldats
ont attiré l’attention de la communauté internationale.
En 2002, 17 500 Casques bleus sont intervenus pour mettre fin au
conflit. Le gouvernement et les rebelles du Front révolutionnaire
uni ont signé un accord de paix la même année.
Tout de suite après, les Nations unies et le gouvernement
de la Sierra Leone se sont entendus pour créer la Cour spéciale
pour la Sierra Leone. Ce tribunal est financé par la communauté
internationale, mais il n’est pas une créature de l’ONU.
Son budget et son échéancier sont d’ailleurs
beaucoup plus serrés. Contrairement aux tribunaux internationaux
mis sur pied pour juger les crimes commis au Rwanda et en ex-Yougoslavie,
la Cour siège dans le pays où les atrocités
ont été commises.
La Cour ne juge que les plus hauts responsables. Jusqu’à
maintenant, 13 personnes de 3 factions différentes ont été
accusées de crimes contre l’humanité, crimes
de guerre et graves violations du droit humanitaire international.
Deux d’entre elles sont décédées.
Les autres auteurs de crimes sont en liberté, et l’on
compte sur la Commission vérité et réconciliation
pour les aider à se réconcilier avec leurs concitoyens.
La Commission, qui a publié son rapport le 5 octobre dernier,
a cependant souffert de graves problèmes budgétaires.
La Sierra Leone est souvent présentée comme le modèle
de l’avenir en matière de justice de transition; un
tribunal moins coûteux, plus efficace, implanté dans
le pays où les crimes ont été commis, et qui
se partage le travail avec la Commission vérité et
réconciliation.
Deux ans après la fin de la guerre, la sécurité
est revenue en Sierra Leone. Très peu d’actes de vengeance
sont rapportés. Toutefois, les conditions de vie déplorables
qui règnent toujours au pays font craindre pour l’avenir.
Selon l’ONU, la Sierra Leone est le pire endroit où
vivre sur la planète. Le chômage chez les jeunes, la
pauvreté et la corruption, considérés comme
les causes principales de la guerre, sont toujours aussi présents.
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