CBC Radio One Afrique : la vie après la guerre
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RWANDA : SURVIVRE
À UN GÉNOCIDE

L'Afrique sur le Radio-Canada.ca
Une coproduction de Radio-Canada et de CBC Radio
DIMANCHE MAGAZINE
Quand la justice est débordée, il faut se réconcilier (24 minutes)
SANS FRONTIÈRES
La justice des gacaca

Au printemps 1994, environ 800 000 personnes ont été tuées au Rwanda. Pendant trois mois, des militaires, des miliciens mais aussi de simples citoyens appartenant à la majorité hutue ont massacré méthodiquement leurs voisins tutsis et les Hutus considérés comme trop modérés. Les massacres étaient planifiés depuis longtemps, mais l’assassinat du président Habyarimana, en avril 1994, est l’étincelle qui va tout déclencher. La radio attise le feu en encourageant les Hutus à se débarrasser des « cancrelats », le nom donné aux Tutsis.

En juillet 1994, le Front patriotique rwandais, le mouvement rebelle tutsi basé en Ouganda, s’empare du pays et met fin aux tueries. Le général Paul Kagame, qui dirige le FPR, prend la tête du pays.

La communauté internationale, critiquée pour ne pas avoir empêché le génocide, met sur pied un tribunal international pour juger les hauts responsables, les planificateurs du génocide. Le tribunal créé en novembre 1994 se trouve à Arusha, en Tanzanie.

Pendant ce temps, le gouvernement rwandais entreprend de juger la masse des exécutants. Aux lendemains du génocide, 120 000 personnes s’entassent dans les prisons rwandaises dans des conditions épouvantables. Plusieurs d’entre elles sont innocentes.

Dix ans plus tard, la justice croule toujours sous l’énormité de la tâche. Quelque 80 000 personnes accusées de génocide attendent toujours leur procès en prison. Pour sortir de l’impasse, le gouvernement Kagame a décidé de recourir à un système de justice populaire traditionnel, les gacacas. Le modèle a été adapté et lancé en 2002 pour juger les exécutants du génocide. Des juges élus par la population ont reçu une formation sommaire. La communauté est appelée à témoigner devant des assemblées publiques pour tenter de reconstituer les faits. Le gouvernement espère que la rencontre entre les bourreaux, les victimes et les membres de la communauté révélera la vérité et contribuera à la réconciliation.