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Au printemps 1994, environ 800 000 personnes ont été tuées au Rwanda. Pendant
trois mois, des militaires, des miliciens mais aussi de simples citoyens appartenant à la
majorité hutue ont massacré méthodiquement leurs voisins tutsis et les Hutus
considérés comme trop modérés. Les massacres étaient planifiés depuis
longtemps, mais l’assassinat du président Habyarimana, en avril 1994, est l’étincelle
qui va tout déclencher. La radio attise le feu en encourageant les Hutus à se
débarrasser
des « cancrelats », le nom donné aux Tutsis.
En juillet 1994, le Front patriotique rwandais, le mouvement rebelle tutsi
basé en Ouganda, s’empare du pays et met fin aux tueries. Le général Paul Kagame, qui dirige le FPR, prend la tête
du pays.
La communauté internationale, critiquée pour ne pas avoir empêché le génocide, met sur pied un tribunal international pour juger les hauts responsables, les planificateurs du génocide. Le tribunal créé en novembre 1994 se trouve à Arusha,
en Tanzanie.
Pendant ce temps, le gouvernement rwandais entreprend de juger la masse des
exécutants. Aux lendemains du génocide, 120 000 personnes s’entassent dans les prisons rwandaises dans des conditions épouvantables. Plusieurs d’entre
elles sont innocentes.
Dix ans plus tard, la justice croule toujours sous l’énormité de la tâche.
Quelque 80 000 personnes accusées de génocide attendent toujours leur procès
en prison. Pour sortir de l’impasse, le gouvernement Kagame a décidé de recourir à un
système
de justice populaire traditionnel, les gacacas. Le modèle a été adapté et
lancé en 2002 pour juger les exécutants du génocide. Des juges élus
par la population ont reçu une formation sommaire. La communauté est appelée à témoigner
devant des assemblées publiques pour tenter de reconstituer les faits.
Le gouvernement espère que la rencontre entre les bourreaux, les victimes et
les membres de la communauté révélera la vérité et contribuera à la réconciliation.
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