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Chili : À la rescousse des mineurs

À San José, dans le centre du Chili, une opération de grande envergure est organisée pour sauver 33 mineurs prisonniers de la terre.

Ces hommes sont bloqués depuis le 5 août à 700 mètres de profondeur à la suite d'un éboulement dans la mine d'or et de cuivre.

Michel Labrecque et Jean-Michel Leprince se sont rendus au Chili.

Qui sont les auteurs



Trop c'est trop. Les mineurs isolés pendant 69 jours sont submergés par la presse et ils n'en peuvent plus. Ils viennent de donner leur première conférence de presse. Les médecins insistent sur la fragilité de leur état psychologique. Ils sont susceptibles de souffrir de troubles du sommeil et peuvent ressentir du stress post-traumatique. Pendant combien de temps? Impossible à dire, le cas est sans précédent dans l'histoire de la médecine.

Les mauvais côtés du vedettariat

Les 33 n'ont même pas encore eu le temps de jouir de leur célébrité que déjà ils se plaignent des inconvénients. La présence insistante de la presse, mais surtout les ragots que colportent certains journaux. Faute d'information, on invente ou l'on spécule.


« Donnez-nous de l'espace, dit leur seul porte-parole Juan Illanez, le temps pour nous de nous habituer à vous. »

Juan Illanez


Ils ont juré de garder le secret sur ce qui s'est passé à 622 mètres sous terre jusqu'à ce qu'ils aient déterminé ce qu'ils pouvaient en tirer. Un livre, un film? Une terrible mésaventure dans une mine de cuivre se transformera-t-elle en une mine d'or?


Reportage de Jean-Michel Leprince


Les mineurs se remettent mieux que prévu du record involontaire qu'ils ont établi : celui du plus long séjour sous terre.

Reportage de Jean-Michel Leprince diffusé au Téléjournal 18 h


Le gouvernement veut récupérer le coût du sauvetage.

Total : 20 millions de dollars américains. L'État chilien a consacré 15 millions de dollars à l'opération. Le reste, 5 millions, a été donné par l'industrie minière privée.

« Le gouvernement n'a pas limité ses dépenses pour récupérer les mineurs, mais nous ne serons pas pour autant prodigues avec l'argent des Chiliens. Nous essaierons de récupérer [le coût du sauvetage] le plus possible. », dit le ministre de l'Intérieur, Rodrigo Hizpeter. Il ne dit pas comment.

Jean-Michel Leprince

La mine San José, de la compagnie San Esteban, existe depuis le 19e siècle. Elle a été surexploitée. Les colonnes et les parois sont trop minces. Un seul accès, la rampe. Pas de sortie de secours.

La mine San José, au Chili


La mine San José, au Chili


La mine San José, au Chili


Son histoire récente est troublante. Javier Castillo, un mineur de San José, raconte : « La montagne craque depuis deux mois. Et depuis 2003, nous dénonçons les conditions de travail et les risques auxquels nous faisons face quotidiennement. Mais notre expérience de terrain n'est pas prise en compte par ceux qui, depuis leurs bureaux à Santiago, répondent que, d'après leurs rapports, tout va très bien. »

En 2001, un mineur perd une jambe à cause d'un éboulement. En 2003, après la mort d'un mineur, le syndicat fait appel aux tribunaux qui font fermer la mine pendant deux mois. En 2007, après la mort de trois d'entre eux dans des éboulements, les mineurs de San José et les syndicats dénoncent des conditions de travail précaires et demandent la fermeture de la mine. Sans effet.

Jean-Michel Leprince


Une opération sans précédent, minutieusement préparée, réalisée sans anicroche en un temps record (22 heures) met fin dans une allégresse patriotique à 70 jours de cauchemar. Les 33 mineurs chiliens sont des héros nationaux qui ont inspiré le pays par leur résistance, leur unité, leur force de caractère.

Le Chili est fier à juste titre d'avoir rescapé ses 33 mineurs. De les avoir cherchés alors qu'on les croyait morts et de les avoir trouvés.

Mais l'aventure a également mis à nu la complaisance des autorités chiliennes envers des centaines de petites et moyennes compagnies minières qui fonctionnent sans respecter des normes minimales de sécurité.

« Ceci ne restera pas impuni », a dit le président du Chili, Sebastian Pinera, après la sortie du dernier mineur, le « capitaine » Luis Urzua, le chef d'équipe. « Les responsables devront assumer. Mais ceci a été une grande leçon pour tous les Chiliens et pour notre gouvernement qui doit améliorer nos systèmes, nos attitudes, nos procédures, pour protéger l'intégrité et la dignité de nos travailleurs. »

Le président a annoncé la présentation prochaine de nouveaux projets de loi et règlements du travail.

Jean-Michel Leprince


Jean-Michel Leprince récapitule l'ensemble de l'opération de sauvetage à la mine de Copiapo.

Reportage de Jean-Michel Leprince diffusé au Téléjournal






Carlos Mamani, le mineur bolivien, le quatrième à quitter la mine, a été traité comme un frère au Chili, a déclaré le président Evo Morales, en visite à la mine San José pour l’occasion.

Le président bolivien Evo Morales et le président chilien Sebastian Piñera à la mine San José pour le sauvetage des mineursEvo Morales et Sebastian Piñera


Le président bolivien Evo Morales et le président chilien Sebastian Piñera à la mine San José pour le sauvetage des mineurs


Carlos Mamani pourrait retourner dans son pays en compagnie du président bolivien. Ce dernier lui a promis aide et travail à son retour.

Evo Morales était en compagnie du président chilien, Sebastian Piñera. Tout les oppose, l’un est de gauche, l’autre de droite, et un conflit plus que centenaire les divise : lors de la guerre du Pacifique à la fin du 19e siècle, la Bolivie (alors partie du Pérou), a perdu son accès à la mer.

Ce précieux accès à la mer est situé au nord du désert de l’Atacama, où se trouvent aujourd’hui toutes les richesses minérales du Chili.

Le conflit n’est pas réglé, mais le sauvetage du siècle à San José est peut-être l'occasion de favoriser le dialogue entre les deux pays.

Jean-Michel Leprince

Le président chilien Sebastian Pinera lors d'un point de presse sur le site de la mine de San José.


Le président du Chili a tenu à assister à la sortie de tous les mineurs emprisonnés à 622 mètres sous terre depuis 69 jours, un record historique.

Depuis la catastrophe, le 5 août dernier, une commission a été créée pour passer en revue tous les règlements et lois sur la sécurité minière.

« Je m'attends à un changement très notable dans la sécurité et la dignité de nos travailleurs », a déclaré le président Sebastian Pinera.

Les familles des mineurs chiliens se réchauffent autour d'un brasero.


Le froid du désert

La nuit est tombée et le froid s'installe autour de la mine de San José. C'est le printemps dans le désert d'Atacama. Plus tard, la brume se lève et le vent la rend glaciale.

Les familles des mineurs ont l'habitude. Elles se réchauffent autour d'un grand brasero. Tous ont les yeux rivés sur le téléviseur. Ils connaissent maintenant dans quel ordre sortiront les mineurs. Cela pourrait prendre de 24 à 48 heures, a dit le président Pinera.

Les familles des mineurs chiliens suivent les opérations de sauvetage à la télévision.



Jean-Michel Leprince


Les autorités chiliennes espèrent sortir deux mineurs de leur refuge à 622 mètres sous terre dans la nuit de mardi à mercredi.

Les opérations de sauvetage devaient commencer à minuit mercredi. Ce sera plus tôt, car techniquement tout est prêt.

Politiquement aussi, puisque le président du Chili, Sebastian Pinera, est déjà sur place, deux heures avant ce qui était prévu.

Il ne manque que le président de la Bolivie, Evo Morales, qui veut être là lorsque sortira son compatriote Carlos Mamani, qui doit être parmi les premiers.

Au début, les secouristes visaient Noël. Trois foreuses devaient creuser le conduit de la liberté dans la roche dure. La Schramm T-130 américaine a fait gagner deux mois. Elle fore et concasse en même temps. La compagnie Geotec s'est fait une publicité en or.

15 minutes pour remonter

Un mineur expérimenté descendra d'abord dans la mine. Il aidera un premier sinistré, Florencio Avalos, le « contremaître », 31 ans, mineur avec huit ans d'expérience, à remonter. Sa remontée sera la plus lente. Il doit inspecter soigneusement à travers la grille de la capsule Phénix l'état de la paroi du conduit.

Deux mineurs et deux secouristes de l'armée aideront les mineurs dans leur ascension, qui ne durera pas plus que 10 ou 15 minutes.

Les cinq plus robustes sortiront les premiers, ensuite viendront les plus faibles. Les derniers seront ceux dont la santé ne pose aucun problème.

Jean-Michel Leprince

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