Notre voyage à Berlin tire à sa fin… court, bien court séjour, mais c'est pour mieux y revenir, peut-être!
Aujourd’hui, Maxence, Caroline et moi continuons le tournage. Il nous faut encore toutes sortes d’images pour alimenter les reportages à venir.
Un atelier d'artiste, dans le quartier NeuköllnCe matin, nous avons fait des entrevues et nous avons tourné dans un grand atelier blanc, partagé par 5 Français et un anglais, depuis près de 8 mois.
Les Français, finissants aux Beaux-Arts de Paris, pensent que Berlin attire un nombre croissant d'artistes venus de tous les horizons.
« C’est une ville où les réalisations sont possibles, un genre de ville laboratoire », m’a expliqué Cyril Aboucaya qui vit à Berlin depuis le mois d'octobre dernier. Selon Cyril et ses camarades, il y a un fort roulement d’artistes et de galeries, dans le coin.
Plusieurs artistes viennent pour un court laps de temps, question de faire des repérages dans l’idée de revenir ultérieurement. C'est ainsi que les locataires des immeubles désaffectés de Berlin changent, si fréquemment.
Maxence Bilodeau en entrevueCaroline nous a ensuite amenés déjeuner à La fabrique arc-en-ciel, une petite cantine de son quartier, Neukölln. Ce quartier accueille un nombre croissant d’artistes nouvellement arrivés en ville.
On y trouve aussi beaucoup de petits restos et de magasins d’aliments « bio ». Dans ce panorama, Neukölln arrive aussi à préserver son mode de vie communautaire, à la berlinoise.
« Mémé Werner »L’endroit, aménagé autour d’une cour intérieure, est flamboyant. Les couleurs sont vives et invitent littéralement le passant à venir passer la porte pour aller voir à l'intérieur.
Il s’agit d’un ancien squat qui a été racheté par la Mairie, et qui a été transformé en centre de réparation de vélos, en auberge de jeunesse, et en cantine.
La fabrique arc-en-cielDans la délicieuse cantine, les uns deviennent la famille des autres. Cette vieille dame de 83 ans, Élisabeth Werner, par exemple, une belle dame aux grosses lunettes, est surnommée « Mémé Werner ».
De 8 heures le matin jusqu'à 15 heures, elle fait du bénévolat à La fabrique. Elle a décidé de peler des patates pour les cuisiniers parce que, en tant qu'adepte de ces tubercules, elle estimait qu'il devait y en avoir plus au menu!
Le reste du temps, elle socialise avec ceux qui viennent manger à 3-4 euros. Beaucoup viennent ici non pas pour le prix, mais pour le réseau social, et pour l’atmosphère familiale agréable.
Catherine et Mémé WernerArrivée à Berlin il y a 2 ans, après le décès de son mari, Mémé Werner habite chez sa fille. Lorsqu’elle est entourée par tous les habitués de la cantine, elle dit qu'elle en oublie son âge avancé, tellement l’ambiance est familiale!
Les galeries ouvrent leurs portesCe soir, il y a exposition au Tape Modern Gallery, une galerie aménagée dans un entrepôt qui jouxte un Club de techno branché.
On y va encore pour capter d’autres images de la vie artistique de Berlin. C’est un grand espace qui permet des installations en tous genres. De l’art contemporain, rien de moins!
L'entrée de la galerie Tape ModernSur le plancher, un tas de sable avec un seau au centre, rempli de sangria... Chacun se tire une paille géante du sac, posé non loin de là, et, après avoir pris une gorgée, on plante sa paille dans le sable.
La montagne beige se transforme en hérisson au fur et à mesure que les buveurs vont et viennent.
Hérisson de paille sur sableÀ Berlin, tous les trois mois environ, c’est la « Soirée des Galeries ». Toutes les galeries d’un quartier renouvellent leurs expositions à la même date, et les portes sont grandes ouvertes au public.
Les gens peuvent donc faire une promenade d’expo en expo, comme bon leur semble. Cela permet aux galeries d’être mieux connues, et à tous les publics de se confronter à l'art. Belle initiative, non?
Colonne de la Victoire, Berlin Urbanisme socialPour en terminer avec Berlin, je veux vous faire part d’une dernière chose qui m’a paru vraiment intéressante: la réhabilitation de Neukölln, le quartier le plus pauvre de Berlin.
C’est Stefanie Raab, architecte pour l’agence intérimaire Neukölln (Zwischennutzungsagentur), qui m'en a expliqué les particularités, pendant le vernissage de la galerie Tape Modern.
L’agence de « placement » pour laquelle elle travaille organise des visites de locaux et d'appartements à louer, et s'efforce de faire le meilleur appariement entre locataire et propriétaire.
Qu’est-ce que ça change? Meilleur est le « match », plus bas sera le prix du loyer. Et l’avantage? Les locataires peuvent rénover eux-mêmes les lieux et la valeur calculée des rénovations peut être convertie en argent, et déduite du loyer.
Pour les propriétaires, c'est une façon originale d'entretenir et de rénover les lieux et d'augmenter leur valeur sur le long terme. Les locataires, de leur côté, peuvent se loger à prix modique, dans de grands espaces.
Une façade d'immeuble à NeuköllnEt ça n'est pas tout. Lorsque les vieux immeubles sont habités, c'est la revitalisation de tout le secteur qui se met en branle. Des magasins et des restos viennent s'y installer, et tout l'ambiance se met à changer.
Le but de cette stratégie de réhabilitation urbaine, me confiait la dame en question, c’est aussi de mettre en contact les jeunes défavorisés du quartier avec les artistes au moyen de projets conjoints.
Cela permet d’élargir les horizons des jeunes souvent peu scolarisés, et de leur permettre de gagner confiance en eux.
Le résultat est qu'ils retrouvent de l'intérêt à poursuivre leurs études à l'école. Et depuis, les 5 dernières années, ça semble fonctionner!
Caroline discute avec des écolières de Neukölln