L’intérêt pour la politique américaine a amené deux Québécois dans la trentaine à faire le voyage de Montréal à Washington pour participer à leur manière à cette journée historique. Dès le lendemain de l’élection du 4 novembre, Frank Mariage et Jean-Philippe Ménard n’avaient qu’une idée en tête: être dans la capitale pour l’assermentation.
« Celui qui occupe le bureau ovale c’est l’homme le plus puissant au monde. Tu ne peux pas être indifférent à ça surtout si c’est nos voisins », dit Frank Mariage, avocat à Montréal. « Ce qui est le plus intéressant pour moi c’est de voir accéder à la Maison-Blanche un Africain-Américain qui, malgré tout ce que l’on a pu en dire durant les deux années qui ont précédé son élection, a fait un travail extraordinaire. Aujourd’hui, on a un Barack Obama qui entre à la Maison-Blanche, qui elle-même fut construite par des esclaves noirs », indique Jean-Philippe Ménard, banquier dans la métropole. Selon M. Mariage, le nouveau président se retrouve dans un moment où les États-Unis n’ont pas un genou à terre, mais bien les deux. Il souligne que Barack Obama met beaucoup l'accent sur le nous et le collectif. Après avoir entendu le discours d’assermentation, M. Ménard souligne qu’il s’agissait d’un excellent diagnostic de la situation. Les États-Unis ne sont pas dans une situation facile présentement. Une idée a particulièrement retenu l’attention de l’homme de 33 ans, qui portait fièrement sa tuque des Canadiens de Montréal lors des festivités. « [Il a dit], aujourd’hui je prête serment, ici dans la plus haute fonction de ce pays-là, alors que mon père ne pouvait pas se faire servir dans ce pays, il n’y a pas si longtemps. » Il précise qu’Obama a choisi de faire baisser les attentes pour se donner une perspective. Les Américains sont prêts à lui donner beaucoup de temps, presque deux ans, ajoute-t-il. Ce qui frappe le plus l’avocat de 34 ans c’est l’imposante communauté afro-américaine qui s’est présentée à Washington pour les festivités. « C’est le culte total de la personnalité, comme des choses que l’on voit dans des pays de dictature où le culte est forcé. Là, c’est volontaire. Les gens sont pendus aux lèvres d’Obama. » De son côté, le banquier de Montréal soutient que le plus grand défi du président sera de transformer en action l’espoir de millions de personnes. Une voix discordante Note discordante parmi les festivités, les deux Québécois ont vu une manifestation anti-Obama. Des pancartes haineuses y étaient bien visibles. « Elles traitaient Barack Obama d’antéchrist et d’homosexuel. C’est quelque chose. Mais, on est dans le pays de la liberté d’expression. Les gens disent ce qu’ils veulent et ce qu’ils pensent tout haut », raconte M. Mariage. Des manifestants pro-Obama n’ont toutefois pas tardé à se masser autour du groupe en scandant le nom du président, mentionne l’avocat. « On voit que les gens ne sont pas encore capables d’entendre des discours qui le critiquent », conclut-il. Catégorie : Entrevue
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