![]() Suivez-moi à Java, Bali et Sumatra, ces îles du plus grand archipel du monde, l'Indonésie, où je retourne préparer une série de reportages, grâce à une bourse de la FPJQ. *Les photos et les clips vidéo et audio présentés sur ce carnet sont tous réalisés par Patrick Grandjean sur place, en Indonésie.
10
JUN
Indonésie, Hong Kong, Québec Un restaurant à Hong KongMe voici à Hong Kong, sur le chemin du retour. Mais l'Indonésie est encore bien présente: des dizaines de milliers de travailleurs indonésiens ont émigré dans cette ville, en quête d'une vie meilleure, comme ils l'ont aussi fait à Singapour et dans d'autres pays d'Asie et du Golfe Persique. J'ai d'ailleurs rencontré un groupe de Javanaises dans un parc de Kowloon, un jour de congé. Dewi et ses amies se préparaient une salade épicée typiquement javanaise (rujak), et je me suis arrêté pour leur parler en indonésien. Dewi et ses amiesLa surprise passée, elles m'ont raconté qu'elles étaient là depuis plus de 2 ans et qu'elles envoyaient une grande partie de leurs revenus à leur famille. Elles m'ont expliqué qu'elles travaillaient comme employées de maison et gardiennes d'enfants. Bien qu'elles soient exilées et soumises à de longues heures de travail (jusqu'à 18 heures par jour, 6 jours sur 7), elles se disent satisfaites de leur sort. La raison? Le salaire qu'elles touchent ici est largement supérieur à celui qu'elles auraient en Indonésie. Un couple de Chinois s'est approché et leur a demandé ce qu'elles préparaient et dans quelle boutique asiatique on pouvait trouver le « sambal », une pâte de piment et d'épices nécessaire pour ce type de plat. La taille de la communauté indonésienne de Hong Kong est suffisamment importante pour avoir son hebdomadaire, Apakabar (Comment ça va?). Ce journal est, pour eux, un lien précieux avec l'archipel, situé à 4 heures d'avion, vers le sud. Un Indonésienne lit ApakabarJ'avais aussi rendez-vous avec le pays... J'attendais un traversier dans la baie de Hong Kong lorsque j'ai rencontré deux jeunes femmes, qui semblaient Indonésiennes. L'une d'elles tenait une enveloppe envoyée par le gouvernement du Québec! J'espérais `nouveau parler bahasa Indonesia (indonésien) avec elles... raté ! Les deux jeunes femmes viennent des Philippines! La conversation a donc lieu en anglais. Imelda m'explique qu'elle vient de recevoir ses papiers des services de l'immigration du Québec. Employée de maison depuis plus d'un an à Hong Kong, elle a sollicité un emploi similaire au Canada... et obtenu son visa de travail pour le Québec. « Je ne vais travailler que 12 heures par jour, et j'aurai plusieurs jours de congé! », me raconte-t-elle, ravie, en me montrant ses documents. Elle va travailler pour une famille de Montréal qui a un enfant et deux animaux de compagnie. Imelda avec ses papier de l'immigrationJe lui dis que je vis à Montréal, et sa première question est de savoir si Toronto est loin de là, car elle y a plusieurs amis. Je lui réponds, et lui demande à mon tour ce qu'elle sait de sa future ville. Pas grand chose, semble-t-il, pour ne pas dire rien du tout. Sait-elle, par exemple, qu'il y a un hiver plutôt froid ? - Moins un degré Celsius? hasarde-t-elle. - Euh, et bien... parfois, on a plutôt -20. Et 2 mètres de neige en moyenne, chaque hiver. On ne vous a en a pas parlé ? - Non, je ne savais pas... Mais Imelda garde le sourire. Vous la croiserez peut-être, cet été, dans le quartier latin de Montréal... Bienvenue au Québec, Imelda! Hong Kong, la nuitCatégorie : International
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