![]() Suivez-moi à Java, Bali et Sumatra, ces îles du plus grand archipel du monde, l'Indonésie, où je retourne préparer une série de reportages, grâce à une bourse de la FPJQ. *Les photos et les clips vidéo et audio présentés sur ce carnet sont tous réalisés par Patrick Grandjean sur place, en Indonésie.
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JUN
Retour à BaliBali est la vitrine touristique de l'Indonésie, une de ses îles les plus célèbres, et la plus fréquentée par les visiteurs. Je dirais que j'ai le bonheur, toujours renouvelé, de m'y rendre depuis 25 ans. Cette fois, j'y suis allé avec mon micro et mon stylo de journaliste, mais disons que le travail s'est déroulé... dans de bonnes conditions! C'est ainsi que j'ai rencontré Jean-Philippe Haure, missionnaire laïque, responsable de l'École des arts appliqués - sculpture et peinture - attenante à l'église catholique de Gyanyar.Cette petite ville est située au nord de Denpasar, la capitale de cette province distincte du reste de l'Indonésie. Bali est en effet la seule île à majorité hindouiste. La vie y est encore rythmée par les rites et le calendrier hindouistes. Et l'islam s'y retrouve en situation minoritaire, comme les chrétiens et les bouddhistes. C'est une situation que je voulais observer de plus près. Reste que, depuis quelques années, les mosquées se multiplient à Bali, avec l'arrivée d'autres insulaires venus de Java, de Sulawesi ou d'ailleurs. Ils viennent grossir les rangs des musulmans installés depuis plus longtemps et venus de l'île jumelle et voisine, Lombok. Attirés par la manne touristique, ces nouveaux venus modifient l'équilibre de l'« île des Dieux » hindouiste. Pour les accommoder, les autorités balinaises ont tranché: il y aura une mosquée par district. Je faisais ma tournée auprès des représentants des différentes religions quand j'ai fait la connaissance de Jean-Philippe. Je connaissais le père Maurice, qui a créé et construit l'église puis l'école de sculpture. Ce curé, qui avait dû quitter le Cambodge à cause des Khmers rouges, était dévoué à sa paroisse de Gyanyar et à ses sculpteurs en formation. C'était aussi un bon vivant et un pragmatique. Il me disait: « Oh, vous savez, Rome est bien loin...». ![]() Jean-Philippe Haure est à Gyanyar depuis 17 ans. Français d'origine, il est marié à une Indonésienne de l'ouest de Java avec qui il a eu deux fils. Il m'a montré la maison qu'il a construite, ainsi que son atelier, dans un grenier à riz, sur pilotis. Il est parfaitement intégré à son pays d'adoption, et parle d'une voix douce, posée. Je l'ai interrogé sur l'une des premières choses qui m'avaient sauté aux yeux en arrivant: l'urbanisation galopante du sud de Bali. C'est évident le long des plages, mais aussi le long des routes, avec la disparition des rizières au profit d'ateliers ou de « tourist-business » dans lesquels des étrangers de passage à Bali font fabriquer à bon marché des objets d'artisanat, du mobilier ou des vêtements en profitant d'une main-d'oeuvre très qualifiée et bon marché. ![]() Et les matières premières, dont le bois, se trouvent en abondance. Avec l'influence de ces gens d'affaires, Bali produit même des souvenirs que l'on peut acheter jusqu'en Afrique! Mais ce qui fait le charme de Bali, cette vie en harmonie avec la religion par la danse, la musique, le théâtre masqué, les offrandes aux dieux et les rites (dont les crémations) demeure et reste authentique. Il faut seulement aller le chercher plus loin, sortir des circuits, aller aussi dans ce que certains appellent désormais le « Off-Bali », comme on parle du « Off-Broadway » à New York. Jean-Philippe Haure explique que Bali est une insulaire qui a toujours reçu le monde, et qu'elle vit maintenant, comme le reste de la planète, une mondialisation qui menace sa capacité à intégrer, à assimiler la nouvelle donne. En tout cas, j'ai déjà le goût d'y retourner. Mais en vacances, et en évitant de rester longtemps à Kuta, Sanur et Nusa Dua, ce sud de l'île devenu une grande ville, un grand supermarché de l'artisanat et du tourisme. ![]() Catégorie : International
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Commentaires
7 juin 2009 - 04:45 Baliîle que j'ai connue au début des années 1980, vierge de béton alors .... Bali ... que de beauté, de douceur, de grâce, évoque en moi ce mot Une île que je ne visite plus désormais qu'en pensée ... et en souvenirs ... et que ta description ne m'invite pas à aller revoir ... Au passage ... un livre ancien que je recommande, et qui selon moi a su merveilleusement en traduire l'atmosphère Sang et volupté à Bali .... de Vicky Baum ouvrage épuisé ... je crois savoir ... mais disponible dans quelque bibliothèque ... Bonne continuation Selamat jalan FR Envoyé par Francis Ribano, Poitiers
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