Fahem Boukadous
©
Reporters sans frontière
Le journaliste tunisien Fahem Boukaddous a entamé une grève de la faim illimitée afin de protester contre ses conditions de détention et réclamer sa libération.
Le journaliste tunisien Fahem Boukaddous a entamé une grève de la faim illimitée le 8 octobre. Incarcéré à la prison de Gafsa, il proteste contre ses conditions de détention et réclame sa libération. Il refuse également de prendre ses médicaments.
Transféré à l'hôpital la semaine dernière pour une violente crise d'asthme, le journaliste avait réintégré sa cellule aussitôt son traitement terminé.
Son épouse Afef Bennaceur a rapporté la nouvelle à l'agence Associated Press. « Fahem observe en fait sa grève depuis vendredi dernier, mais je n'ai pu le savoir que lundi lors de la visite que je lui ai rendue en prison », a-t-elle déclaré.
Selon son épouse, Fahem Boukaddous ne reçoit pas les soins que requièrent sa maladie. Elle a affirmé à Reporters sans frontières : « Il se plaint de maux d'estomac, et ses crises d'asthme sont de plus en plus fréquentes et violentes. Sa vie est en danger ».
Selon elle, le journaliste est déterminé à poursuivre sa grève jusqu'à ce que les autorités répondent à sa requête.
Condamné pour avoir filmé un événement
Fahem Boukaddous, 40 ans, a été condamné à quatre années de prison le 15 juillet dernier. Correspondant de la chaîne de télévision Al-Hiwar Ettounsi, il était le seul journaliste à couvrir un soulèvement populaire dans la région minière de Gafsa, au sud-ouest de la Tunisie.
Les reportages de Fahem Boukaddous ont été relayés à travers le monde arabe. Il a été arrêté peu de temps après leur diffusion. Les autorités tunisiennes soutiennent qu'il est impliqué dans les manifestations et l'ont ainsi condamné pour « adhésion à une entente criminelle » et « diffusion d'informations susceptibles de porter atteinte aux personnes et aux biens ».
Le gouvernement ne lui reconnaît pas le statut de journaliste.