Le débat sur le gaz de schiste
Un puits de gaz de schiste en Pennsylvanie (archives)
Le Comité de l'évaluation environnementale stratégique sur le gaz de schiste a présenté mardi la version finale de son plan de réalisation, qui a été bonifié à la faveur d'une consultation publique tenue l'hiver dernier.
L'équipe d'experts chargée de se pencher sur l'impact de l'exploitation du gaz de schiste au Québec entend s'appuyer sur près de 70 études pour rédiger son rapport officiel, qui doit être déposé au printemps 2013.
Pas de fracturation
D'entrée de jeu, mardi, le président du comité, Robert Joly, a expliqué qu'il ne recommandera pas au ministre de l'Environnement d'autoriser des projets de fracturation jusqu'à ce que son rapport soit déposé.
Le comité a en effet le pouvoir d'autoriser des entreprises à faire de la fracturation hydraulique pour permettre aux experts de recueillir des données scientifiques. Or, aucune entreprise n'aurait manifesté le désir de procéder à ces opérations dans l'année qui vient, selon M. Joly.
La fracturation hydraulique consiste à briser la couche rocheuse dans le sous-sol en y injectant un mélange d'eau et de substances chimiques sous très haute pression pour en libérer le gaz naturel qu'elle contient.
Cette opération controversée est considérée par plusieurs comme une source de pollution importante des nappes phréatiques et un important gaspillage d'eau.
Le comité a plutôt décidé d'utiliser des expériences en laboratoire et des données déjà existantes sur l'exploitation du gaz de schiste pour évaluer l'impact environnemental de cette industrie.
Robert Joly a ajouté que le comité pourra aussi obtenir des informations pertinentes à partir des puits de forage déjà en exploitation ailleurs au Canada et aux États-Unis.
Les experts du comité entendent aussi se pencher sur les puits forés au Québec, dont ceux qui présentent des fuites.
L'acceptabilité sociale
Le comité, qui a tenu une série de consultations publiques parfois houleuses sur l'exploitation du gaz de schiste du 10 novembre 2011 au 15 janvier 2012, entend également préciser la notion « d'acceptabilité sociale » de cette industrie actuellement très contestée au Québec.
Le comité prévient cependant que son rôle n'est pas non plus de favoriser cette acceptabilité sociale face à l'exploitation de cette ressource énergétique.
Le Comité d'évaluation environnementale stratégique sur le gaz de schiste a été formé le 12 mai 2011 par le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, à la demande du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). Les membres du Comité proviennent de la société civile, des milieux environnemental ainsi que municipal, gouvernemental, privé et universitaire.
Le comité est doté d'un budget de 7 millions de dollars, dont 4 millions seront utilisés pour mener diverses études.