Le réchauffement tue les bébés phoques

  |  Radio-Canada avec Associated Press
Un blanchon   © iStockphoto

Les bébés phoques vivant sur la côte est canadienne meurent dans une proportion alarmante en raison de la fonte des glaces, selon ce que rapporte mercredi une étude publiée par des chercheurs de l'Université Duke, en Caroline du Nord.

L'étude révèle que l'épaisseur de la glace recouvrant les régions de reproduction des phoques du Groenland, dans l'océan Atlantique, a diminué de 6 % par décennie depuis 1979, date où les données ont commencé à être répertoriées.

La fonte des glaces et la disparition de cet habitat naturel ont provoqué la mort de générations de bébés phoques, selon le document publié dans le journal PLos ONE.

« Cette mortalité que nous constatons dans le nord-est du Canada est dramatique. Des générations entières pourraient disparaître en raison de la fonte des glaces », explique l'un des auteurs de l'étude, David Johnston.

Pour recueillir les données les plus récentes, les scientifiques ont notamment utilisé les images satellites montrant la glace recouvrant le golfe du Saint-Laurent pendant les hivers de 1992 à 2010. Ils ont ensuite comparé ces données aux rapports répertoriant le nombre de décès annuels de bébés phoques dans cette région de reproduction.

Les scientifiques ont également comparé les variations d'un phénomène touchant le système climatique connu sous le nom de l'oscillation nord-atlantique (NAO), système qui contrôle l'intensité des vents, qui eux exercent une influence majeure sur la formation des glaces. Les chercheurs ont constaté que les années où le NAO et l'épaisseur de la glace étaient plus faibles, le taux de mortalité des bébés phoques était plus élevé.

Même si les phoques du Groenland se sont adaptés au dégel printanier de plus en plus précoce dans les dernières années, en développant notamment des périodes d'allaitement plus courtes, il est toutefois incertain que leur population réussisse à combattre la fonte des glaces à long terme.

« Ils se sont bien adaptés aux changements naturels du climat à court terme [comme les saisons], mais nos recherches laissent penser qu'ils ne sont peut-être pas faits pour absorber les effets à court terme combinés aux changements climatiques à long terme et aux autres effets causés par l'homme comme la chasse et les captures accidentelles », conclut le scientifique David Johnston.

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