Ottawa et Québec à la rescousse du Saint-Laurent

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Les gouvernement fédéral et du Québec se sont entendus sur un projet de dépollution du fleuve Saint-Laurent. L'entente de 15 ans ne prévoit pour le moment que du financement pour les premiers cinq ans, soit 70 millions, dont 49 millions seront fournis par Ottawa.

L'accord vise à conserver la qualité de l'eau du fleuve, protéger sa biodiversité et permettre la pérennité de ses usages, notamment l'utilisation de la voie maritime du Saint-Laurent. Il prévoit aussi la mise sur pied de tables de concertation régionales.

Selon le ministre fédéral des Anciens combattants, Steven Blaney, porte-parole dans le dossier, l'entente vise notamment à adapter nos usages et à étudier le comportement du fleuve en fonction des changements climatiques.

« On sait qu'il y a des phénomènes d'érosion de plus en plus importants. Les niveaux du fleuve sont surveillés de très près. On observe des phénomènes de crue de plus en plus prononcés. Au niveau de l'érosion, on travaille avec un organisme québécois de renommée internationale, OURANOS, qui étudie l'impact de ces changements sur les crues du fleuve et ses répercussions », dit-il.

Les gouvernements affirment que le projet en est un de développement durable. Toutefois, rien n'est encore décidé en ce qui a trait à l'exploitation d'hydrocarbures dans l'estuaire du Saint-Laurent. Selon Pierre Arcand, ministre québécois de l'Environnement, on devra attendre les conclusions des études sur le sujet avant de se faire une idée sur la question.

« « Alors le plan Saint-Laurent est là pour travailler la dépollution. Et les grands enjeux et les grands débats que nous aurons au cours des prochains mois là-dessus, on le fera à l'intérieur même des études qui sont faites » » — Pierre Arcand, ministre de l'Environnement

L'entente entre Ottawa et Québec en perpétue une autre qui existait depuis 1989 et qui avait pour but de diminuer l'impact de la pollution des grandes entreprises dans le fleuve.

Le protocole de KyotoQuébec et Ottawa ne sont cependant pas sur la même longueur d'onde lorsqu'on parle de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Alors que le gouvernement québécois réaffirme son engagement envers le protocole de Kyoto, Ottawa espère remplacer ce protocole par une nouvelle entente. Il tentera d'ailleurs de convaincre d'autres nations de l'appuyer lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, qui se tiendra du 28 novembre au 9 décembre, à Durban, en Afrique du Sud.
Québec considère que pour arriver à réduire les gaz à effet de serre, il faut une entente contraignante pour tous les pays du monde, avec des cibles qui devront être atteintes. Selon le ministre de l'Environnement, Pierre Arcand, le Québec atteindra les cibles du protocole de Kyoto, qui sont de réduire de 6 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990.
Quant au gouvernement fédéral, il veut plutôt réduire de 17 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 2005. Ottawa pense que Kyoto est un échec parce que les États-Unis n'y ont pas adhéré, et que la Chine, l'Inde et plusieurs autres pays émergents n'atteindront pas les cibles prévues.
« Ceux qui veulent continuer avec Kyoto peuvent le faire, nous souhaitons une nouvelle entente qui éclipse Kyoto », a commenté Peter Kent, le ministre fédéral de l'Environnement.