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NASA
Un trou d'une ampleur sans précédent s'est ouvert dans la couche d'ozone au dessus de l'Arctique l'hiver dernier.
Selon les chercheurs de la NASA, le trou atteignait une surface d'environ deux millions de kilomètres carrés, ce qui égale la pire diminution du gaz observée dans l'Antarctique en 1980.
En comparaison, le Québec fait 1 667 441 km2.
Outre la NASA, une vingtaine d'institutions de neuf pays, dont le Canada, ont contribué aux mesures.
L'ouverture a été provoquée par des températures extrêmement basses dans la stratosphère au Pôle Nord, la période de froid intense ayant été plus longue de 30 jours l'hiver dernier.
Les observations satellitaires menées entre l'hiver 2010 et le printemps 2011 montrent en effet que la couche avait été particulièrement malmenée à une altitude comprise entre 15 et 23 km. La perte la plus importante (plus de 80 %) a été enregistrée entre 18 et 20 km d'altitude.
Selon Gloria Manney, du Jet Propulsion Laboratory de la NASA, c'est la première fois que la diminution en Arctique peut véritablement être comparée à un trou.
Contexte
La Dre Manney explique que le premier responsable est un phénomène connu sous le nom de « vortex polaire », un cyclone massif qui se forme chaque hiver dans la stratosphère arctique. L'an dernier, il est né dans un froid extrême, ce qui explique la situation.
L'ozone se forme dans la stratosphère, où elle filtre les ultraviolets qui endommagent la végétation et peuvent provoquer des cancers de la peau ou d'autres problèmes de santé.
Ce bouclier naturel est régulièrement attaqué au niveau des pôles en hiver et au printemps.
Pourquoi le froid nuit-il?
L'intensité du froid est l'un des facteurs principaux de la destruction de l'ozone. Sous l'effet du froid, la vapeur d'eau et les molécules d'acide nitrique se condensent pour former des nuages dans les couches basses de la stratosphère. Dans ces nuages se forme du chlore, qui détruit l'ozone protecteur.
Le trou dans la couche d'ozone est habituellement beaucoup plus important en Antarctique qu'en Arctique, car il y fait beaucoup plus froid. Les relevés effectués à ce jour au Pôle Nord indiquent que la diminution d'ozone est très variable et bien plus limitée que dans l'hémisphère sud.
Les scientifiques précisent que la couche d'ozone a la capacité de se régénérer à long terme.
Il y a quelques semaines, le gouvernement fédéral annonçait l'abolition de centaines de postes à Environnement Canada. Cette mesure menace, selon plusieurs experts, la survie du programme international de surveillance de la couche d'ozone.