Les changements climatiques coûteront cher aux Canadiens

Les changements climatiques engendreront de plus en plus d'inondations, comme celles survenues en Montérégie, au Québec, le printemps dernier. Les changements climatiques engendreront de plus en plus d'inondations, comme celles survenues en Montérégie, au Québec, le printemps dernier.   © PC/Graham Hughes

Les changements climatiques annoncés par les scientifiques pourraient coûter de 21 à 43 milliards de dollars par année aux Canadiens en 2050, conclut le plus récent rapport de la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie (TRNEE).

Cette agence de consultation financée par le gouvernement, et dont les membres sont nommés par lui, en vient à cette conclusion dans le quatrième rapport de sa série Prospérité climatique, rendu public jeudi.

La TRNEE indique que les coûts des changements pour le Canada vont varier en fonction de la croissance des émissions à l'échelle mondiale et de la croissance de l'économie et de la population du Canada. Quatre scénarios ont été étudiés.

« Dans les années 2050, si les coûts sont estimés à 21 milliards de dollars dans le scénario de changement climatique faible combiné à une croissance économique lente, il y a une probabilité de 5 % que ces coûts atteignent au moins 44 milliards de dollars par année », conclut le rapport.

« Dans le scénario de changement climatique élevé et de croissance économique forte, alors que les coûts sont estimés à 43 milliards de dollars, il y a une probabilité de 5 % qu'ils atteignent au moins 91 milliards de dollars par année. »

La TRNEE dit avoir effectué des études afin d'évaluer le coût du changement climatique « sur trois aspects représentatifs du Canada : sa prospérité (approvisionnement forestier), les lieux (régions côtières) et les gens (santé humaine) ».

Elle conclut que, d'ici 2050, pour un scénario de changements climatiques d'amplitude moyenne :

  • les répercussions sur l'approvisionnement forestier liées à des changements concernant les ravageurs, les incendies et la productivité des arbres devraient se situer entre 2 et 17 milliards de dollars par année;
  • les coûts des inondations que causeront la hausse du niveau de la mer et l'augmentation des tempêtes dans les zones côtières pourraient atteindre entre 1 et 8 milliards de dollars par année d'ici les années 2050;
  • les étés plus chauds et la diminution de la qualité de l'air pourraient entraîner une hausse du nombre de décès et de maladies dans les quatre villes étudiées, soit Montréal, Toronto, Calgary et Vancouver
  • le coût sur le système de santé sera important. Ces coûts pourraient se situer entre 3 et 11 millions de dollars pour la seule ville de Toronto.

La TRNEE a aussi étudié le rapport coût-bénéfice de cinq stratégies d'adaptation. Elle conclut que quatre d'entre elles sont rentables, puisque les coûts de leur implantation sont « largement inférieurs aux économies qu'elles permettent de réaliser par la réduction des effets économiques du changement climatique. »

La TRNEE indique par exemple que :

  • mieux prévenir les incendies de forêt, lutter contre les ravageurs et planter des espèces d'arbres mieux adaptées procureraient des bénéfices 38 fois supérieurs au coût dans le scénario de croissance économique rapide, ou 9 fois supérieurs dans un scénario de faible croissance;
  • l'interdiction de construire dans les zones inondables et « l'abandon graduel des logements inondés » permettraient de réduire les coûts du changement climatique à 3-4 % de ce qu'ils auraient été sans mesures d'adaptation;
  • le remplacement des toitures traditionnelles par des toits verts aide à réduire l'effet d'îlots de chaleur dans les quatre villes étudiées, mais que le coût de cette stratégie dépasse les avantages.

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