Saluant la sagesse de l'ensemble du rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) sur l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste, l'Association gazière et pétrolière du Québec (APGQ) s'inquiète néanmoins des impacts de ses applications sur les activités de ses membres.
Lucien Bouchard
Le porte-parole de l'association, l'ancien premier ministre du Québec Lucien Bouchard, reconnaît que l'opération était mal engagée et qu'il fallait rectifier le tir, notamment sur le plan de l'acceptabilité sociale, dans le dossier. Il estime que le BAPE a fait un excellent travail en imposant à l'industrie de recueillir davantage de données scientifiques avant de lui accorder le feu vert, mais il souligne également l'importance d'avoir évité un moratoire.
M. Bouchard assure que l'industrie participera au comité de recherche, mais que l'opération doit s'effectuer rapidement. Il craint que la nomination du comité traîne en longueur et que les membres de l'APGQ, qui ont acquis des permis pour une durée limitée, soient pénalisés par ces délais. Il craint que le temps que dureront les travaux ampute d'autant la durée des permis des exploitants.
Le temps presse, selon M. Bouchard, pour procéder à ces études, qui devront nécessairement donner lieu à des fractionnements. M. Bouchard souhaite que l'industrie, tout en participant au recueillement de données scientifiques, puisse procéder à l'évaluation du potentiel économique de la ressource. Tout en insistant sur l'inquiétude de la population, Lucien Bouchard ajoute qu'il y en a également au sein de l'industrie. Les sociétés, qui ont engagé des frais dans l'exploration des gaz de schiste au Québec, craignent de perdre ces investissements, selon M. Bouchard.
Bien qu'en accord avec l'ensemble du rapport du BAPE, l'ancien premier ministre est toutefois critique de certaines portions. M. Bouchard soutient que la présence suffisante de gaz, pour qu'il soit exploité de façon rentable, est encore incertaine.
M. Bouchard déplore l'analyse économique du BAPE selon laquelle l'industrie gazière québécoise a bénéficié d'un cadeau de 5 milliards de dollars dans l'attribution des permis. Il reproche la méthode de calcul du BAPE qui a transposé la situation de l'Alberta à celle du Québec pour parvenir à cette conclusion. Une erreur, selon M. Bouchard. Ce dernier précise que la présence de la ressource ne faisait aucun doute en Alberta et que l'expertise et la machinerie y étaient disponibles, contrairement au Québec.
Le gouvernement du Québec avait déjà indiqué accueillir favorablement le rapport.
Les propos de Lucien Bouchard ont suscité beaucoup d'étonnements parmi les personnes intéressées par le dossier. Cette page permet de prendre connaissance de leurs réactions.