Trois ingénieurs québécois sur quatre estiment que le gouvernement Charest doit adopter un moratoire complet sur l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste en attendant le résultat d'études environnementales complètes, indique un sondage réalisé pour le compte du Réseau des ingénieurs du Québec.
Selon le sondage, effectué par la firme Senergis, trois ingénieurs sur cinq sont pour l'heure défavorables à l'exploitation des gaz de schiste au Québec. Cependant, 71 % affirment qu'ils pourraient changer d'avis « si certaines conditions étaient réunies ».
À l'heure actuelle, les ingénieurs se disent préoccupés par :
Quelque 76 % des répondants sont d'avis que le gouvernement du Québec agit principalement dans l'intérêt de l'industrie gazière dans ce dossier. En outre, 86 % des répondants estiment que le gouvernement n'a pas su bien encadrer la prospection et le développement de cette nouvelle filière énergétique.
Trois répondants sur cinq sont aussi d'avis que le BAPE ne réussira pas à apporter des réponses satisfaisantes aux préoccupations de la population.
Trois ingénieurs sur cinq pensent que le Québec pourrait s'enrichir considérablement avec cette nouvelle filière énergétique, mais trois sur quatre estiment que le Québec n'a pas une vision claire et cohérente de son développement énergétique.
« Les ingénieurs sont connus pour être des gens très pragmatiques, mais ils ne sont pas moins dotés d'une conscience sociale forte, et c'est ce que démontrent les résultats de notre sondage », affirme le président du réseau, Yves Lavoie.
Le sondage a été effectué sur Internet auprès de 2135 ingénieurs du 13 décembre 2010 au 9 janvier 2011, dont 41 % oeuvrent dans le domaine énergétique ou un domaine relié. La marge d'erreur du sondage est de 2,1 %, 19 fois sur 20.
Le Réseau des ingénieurs compte 59 000 membres.