L'un des 16 générateurs de vapeur
L'éventuel transport de 16 générateurs de vapeur usagés qui sont radioactifs par la voie maritime du Saint-Laurent jusqu'en Suède, afin qu'ils soient recyclés, suscite la colère de plusieurs municipalités riveraines et de nombreux groupes écologistes.
Des communautés autochtones et des résidents vivant près du trajet proposé ont également exprimé leurs inquiétudes à cet égard.
Nathalie Arsenault, conseillère municipale à Saint-Jean-Port-Joli, ne comprend pas pourquoi les autorités n'ont pas tenu compte du rôle du fleuve pour les collectivités riveraines.
Alan DeSousa, qui est responsable du développement durable à la Ville de Montréal, déplore le fait que l'annonce en ait été faite en fin de journée vendredi, avant le départ pour la fin de semaine. Il trouve « cavalier de faire passer ça pour que ça passe en dessous du tapis ».
Selon le directeur général de Nature-Québec, Christian Simard, ce dossier n'est pas clos et il promet de le porter sur la scène politique ontarienne, québécoise, municipale et même américaine.
Les maires ont rappelé que 20 millions de Canadiens et d'Américains vivent près des Grands Lacs et que 40 millions d'autres s'y approvisionnent en eau potable.
D'ailleurs, le maire de la ville de St. Catharines, Brian McMullan, a souligné que les inquiétudes persistent quant aux possibilités d'accident et de contamination des cours d'eau par le matériel radioactif.
Pour sa part, le porte-parole du Bloc québécois en matière d'environnement et de développement durable, Bernard Bigras, considère que les déchets nucléaires devraient être « traités sur le territoire où ils ont été produits ». De plus, il rappelle que le Québec ne produit que 4 % des déchets nucléaires du pays et trouve inacceptable de prendre un tel risque pour les communautés et la santé publique.
En fin de journée vendredi, la Commission canadienne de la sûreté nucléaire a donné l'autorisation à la centrale ontarienne Bruce Power de transporter les cylindres de fer radioactif qui sont de la taille d'un autobus. L'itinéraire prévoit leur transport sur les Grands Lacs à partir de la ville ontarienne d'Owen Sound.
La Commission estime qu'elle est en mesure de respecter toutes les normes de sécurité en plus de répondre aux normes canadiennes et internationales en matière de déplacement de substances nucléaires. De plus, elle soutient que les risques pour la santé du public sont minimes.
Avec un reportage de Michel Lamarche