Le commissaire à l'environnement, Scott Vaughan, lors de sa conférence de presse
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PC/Sean Kilpatrick
Alors que les pays de la planète sont réunis à Cancun pour convenir d'une stratégie mondiale de lutte contre les changements climatiques, le Canada est sévèrement critiqué par le commmissaire à l'environnement et au développement durable, Scott Vaughan.
Dans son rapport automnal, déposé mardi à la Chambre des communes, il déplore notamment que le Canada n'ait pas encore « établi de priorités claires pour répondre au besoin de s'adapter aux changements climatiques ». En dépit d'engagements en ce sens, poursuit-il, le gouvernement Harper n'a toujours pas mis en oeuvre de stratégie fédérale pour s'adapter à ce phénomène.
« La santé des Canadiens et l'environnement naturel, les collectivités ainsi que l'économie du Canada sont vulnérables à ces impacts, et le gouvernement n'est pas prêt à faire face à ces impacts », a noté M. Vaughan, lors de la conférence de presse donnée pour présenter son rapport.
Selon M. Vaughan, cette absence de plan national nuit aux efforts des différents ministères pour coordonner leurs actions.
Le commissaire est arrivé à ces conclusions après avoir étudié les actions de quatre ministères, soit ceux de l'Environnement et des Ressources naturelles, de la Santé, des Affaires indiennes ainsi que celui des Pêches et Océans.
Si plusieurs ministères ont évalué les impacts des changements climatiques, ils ont toutefois entrepris peu de mesures pour y répondre, et leurs actions sont menées de façon indépendante, ajoute-t-il.
Le Canada n'est pas à l'abri d'une marée noire
Un autre chapitre du rapport de 36 pages s'attarde à la lutte contre les marées noires, elle aussi critiquée.
Faisant valoir que le pays est « baigné par trois océans » et qu'il « possède le plus long littoral au monde », M. Vaughan conclut que le Canada « n'est pas prêt à faire face à une marée noire majeure ».
Le commissaire déplore notamment des « évaluations de risque incomplètes » et des « plans d'intervention d'urgence désuets ».
Pourtant, note-il, « chaque jour, en moyenne, au moins un déversement de pétrole est signalé à la Garde côtière canadienne ». L'agence fédérale n'a en outre pas réalisé d'évaluation complète de sa capacité d'intervention depuis 2000, relève M. Vaughan.
« Ces lacunes doivent être comblées », recommande-t-il, huit mois après la pire marée noire de l'histoire des États-Unis, causée par l'explosion d'une plateforme pétrolière dans le golfe du Mexique.
Autre thème évalué, la qualité et la quantité des ressources en eau de surface du Canada ne sont pas surveillées adéquatement par Environnement Canada. Le problème se pose également pour les terres qui relèvent de sa responsabilité, comme les réserves autochtones, les bases militaires, ainsi que les réserves et parcs nationaux.
Manque de leadership et d'information
Le commissaire, qui relève du Bureau du vérificateur général, estime que son rapport met en lumière « plusieurs domaines où, malheureusement, le gouvernement fédéral ne respecte pas ses engagements en matière de protection de l'environnement et d'avancement du développement durable ».
Globalement, les deux principaux problèmes qu'il relève sont « l'absence d'un leadership efficace et soutenu, particulièrement dans les domaines où les responsabilités sont partagées, et une information inadéquate ».
Ce manque de leadership ne date pas d'hier, a toutefois noté M. Vaughan lors de sa conférence de presse. « Il y a un manque de leadership depuis 20 à 25 ans et c'est la raison pour laquelle aujourd'hui, maintenant, la qualité de l'environnement, il y a des problèmes sans précédent, des menaces environnementales qui sont sans précédent », a-t-il déploré.
Les ministères évalués par le commissaire ont tous accepté ses recommandations. En route pour Cancun, le ministre de l'Environnement, John Baird, a indiqué, par voie de communiqué, que son gouvernement prenait les mesures nécessaires pour donner suite « à de nombreuses recommandations formulées dans le rapport ».