Les Cris de Waswanipi ont érigé une barricade sur une route forestière de la vallée de la Broadback.
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Greenpeace
Les Cris de Waswanipi et Greenpeace ont érigé une barricade symbolique sur une route forestière traversant le territoire de la vallée de la Broadback. La forestière EACOM s'est engagée à retarder ses projets, mais les manifestants veulent qu'elle les abandonne.
Les Cris de Waswanipi ont érigé une barricade symbolique sur une route forestière traversant le territoire de la vallée de la Broadback, dans le Nord-du-Québec. L'action, menée conjointement avec Greenpeace, vise à réclamer la protection de leur région.
Mercredi, Greenpeace et le chef de la Nation crie de Waswanipi, Paul Gull, ont dévoilé une grande photo de cette barricade au siège social de l'entreprise impliquée dans ce projet, EACOM Timber Corporation. Ils ont poursuivi leur tournée au bureau du premier ministre Jean Charest.
On peut voir la levée de la pancarte et son installation dans une vidéo publiée sur le site de Greenpeace. On lit sur celle-ci, en français et en cri : « Le chemin de la destruction s'arrête ici ». L'organisme écologiste invite par ailleurs la population à signer une pétition destinée à la direction d'EACOM et au gouvernement du Québec.
Pour la communauté crie, il faut préserver ce territoire. Elle allègue qu'une forêt en santé permettra de poursuivre les activités de pêche, de trappe et de chasse. Les membres de la Première Nation estiment que le développement industriel risque de miner ces pratiques traditionnelles.
La forestière a réagi en transmettant une lettre d'engagement aux manifestants. Elle y déclare son intérêt à retarder les projets de chemins forestiers et à ne pas ériger de structure sur la rivière Broadback, du moins jusqu'en 2013.
Selon le porte-parole de la campagne « Forêt boréale » de Greenpeace, Nicolas Mainville, cet engagement n'est pas satisfaisant. « La pancarte va rester là. Il y a des gens sur place qui la surveillent. Tant qu'il n'y a pas d'engagement clair de la compagnie et l'abandon du projet, il y a une menace sur la vallée de la Broadback », soutient-il.
Il rappelle que, dans le cadre de la paix des braves, signée en 2002, le gouvernement avait promis la création d'un grand parc patrimonial. « Le parc n'existe toujours pas et les chemins forestiers avancent très vite », ajoute Nicolas Mainville.
Greenpeace précise qu'à peine 5 % de ce secteur figure au registre des aires protégées. L'organisme rappelle qu'il incombe au ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, de sauver la vallée de la Broadback.