Selon un groupe américain de recherche en environnement, c'est samedi que l'humanité aura déjà consommé la totalité des ressources que la nature peut générer pour 2010.
Nous consommons chaque année plus de ressources naturelles et d'énergie que la planète ne peut en produire. Mais jusqu'à quel point? Assez pour être « extrêmement préoccupé », estime Global Footprint Network (GFN), un groupe américain de recherche en environnement, qui étudie depuis plusieurs années le rapport entre les deux.
Selon ses calculs, c'est samedi que l'humanité aura déjà consommé la totalité des ressources que la nature peut générer en 2010.
Et nous produisons aussi plus de carbone que la planète ne peut en absorber.
D'un point de vue écologique, nous vivrons donc plus du quart de l'année « à crédit », conclut le Global Footprint Network.
« Si vous dépensez votre revenu annuel total en neuf mois, vous seriez sans doute extrêmement préoccupé, estime le président de l'organisation, Mathis Wackernagel. La situation est aussi pire quand il s'agit de notre budget écologique. Le changement climatique, la perte de biodiversité, la déforestation, les pénuries d'eau et de nourriture sont autant de signes évidents que nous ne pouvons plus financer notre consommation à crédit. ».
L'organisation note que jusqu'à il y a trois décennies, la consommation des ressources par l'humanité respectait le rythme auquel la nature parvenait à les produire. Or, ajoute-t-elle, « l'écart entre la demande et l'offre, connue sous le nom de dépassement écologique, a depuis crû chaque année de façon régulière. »
GFN note encore que « la regérescence des ressources dont ont besoin les humains en un an prend maintenant un an et demi. »
L'an dernier, la seuil avait été atteint le 25 septembre. On ne peut cependant pas en conclure que la consommation s'est emballée à ce point en un an, a expliqué M. Wackernagel.
« C'est juste que cette année, on a révisé toutes nos données et on s'est rendu compte que jusqu'ici, on avait surestimé la productivité des forêts et des pâturages: en clair, on avait exagéré la capacité de la Terre » à se régénérer et à absorber nos excès, a-t-il expliqué.
Avec un reportage de Michel Rochon