GES : Ottawa fait fausse route

Pollution automobile

Une analyse de l'Institut Pembina démontre que la réglementation imposée à l'industrie automobile pour réduire les gaz à effet de serre exige peu de changement de la part des constructeurs.

L'Institut Pembina dénonce la réglementation du gouvernement fédéral imposée à l'industrie automobile pour réduire les gaz à effet de serre. Une analyse de ce groupe de recherche en développement durable démontre que la réglementation ne devrait presque rien changer pour les véhicules fabriqués d'ici 2016.

L'Institut est arrivé à cette conclusion au terme d'une analyse de la tendance historique. L'industrie automobile a développé des voitures de plus en plus efficaces sur le plan de la consommation d'essence. Si cette tendance se maintient, la réglementation proposée ne changera à peu près rien, selon les résultats de son analyse.

Le directeur de son Programme des changements climatiques, Matthew Bramley, affirme que tout porte à croire que l'industrie automobile a été très efficace dans ses activités de lobbying puisqu'elle devrait pouvoir se conformer sans trop de mal aux exigences. Toutefois, il s'agit d'une ébauche de réglementation. La version définitive devrait être connue à l'automne.

« Ces règlements-là exigent peu de changements de la part des constructeurs automobiles, même jusqu'à la fin de la durée des règlements en 2016. » — Matthew Bramley, de l'Institut Pembina

Matthew Bramley propose que le gouvernement fasse preuve de plus de transparence et qu'il publie sa propre analyse sur la réglementation qu'il veut imposer. Et surtout, il veut que la réglementation force réellement l'industrie à vendre des véhicules moins énergivores.

« Selon les projections de l'Office national de l'énergie, la quantité d'essence brûlée chaque année au Canada va augmenter sans cesse chaque année d'ici 2020. Si on n'y fait rien, alors on a besoin d'un règlement, c'est clair. » — Matthew Bramley

Il indique que le gouvernement présente cette réglementation comme la pièce maîtresse de sa stratégie de réduction des gaz à effet de serre, les véhicules des particuliers émettant 12 % des émissions totales au pays. C'est donc un secteur où, selon lui, le gouvernement devra être beaucoup plus ambitieux s'il veut réduire, comme promis, les émissions totales.