Steven Guilbeault, coordonnateur général adjoint d'Équiterre, et Jack Gibbons, président de l'Ontario Clean Air Alliance
Équiterre et Ontario Clean Air Alliance demandent à la société d'État de miser sur l'économie d'énergie plutôt que sur la construction de barrages. Québec estime que les groupes écologistes font fausse route.
La ministre des Ressources naturelles du Québec estime que les organismes Équiterre et Ontario Clean Air Alliance font fausse route en opposant construction de barrages et efficacité énergétique.
Nathalie Normandeau rappelle qu'Hydro-Québec fait déjà des efforts dans le domaine de l'économie d'énergie. Elle soutient aussi qu'une plus grande production hydroélectrique permettrait de vendre davantage aux États-Unis, où l'on cherche à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Lors d'une conférence de presse vendredi, les deux groupes écologistes ont demandé à Hydro-Québec d'investir davantage dans l'efficacité énergétique et à cette fin de mieux coordonner son réseau à celui de l'Ontario.
Ils estiment qu'en suivant ses stratégies actuelles, Hydro-Québec allait voir ses profits chuter de près de 25 % d'ici trois ans. Selon les calculs détaillés dans leur rapport, il serait plus rentable à la société d'État de miser sur l'efficacité énergétique plutôt que de construire de nouveaux barrages pour augmenter sa production.
Il coûte moins cher de faire économiser un kilowatt-heure que d'en produire un, soutiennent les mouvements écologistes.
« D'un simple point de vue économique, c'est beaucoup plus intéressant pour nous de faire plus d'efficacité énergétique. Une fois qu'on aura atteint un plein potentiel d'efficacité énergétique, là on verra » a déclaré Steven Guilbeault, porte-parole de l'organisme.
Les groupes écologistes estiment que leur solution permettrait aussi d'éviter une hausse des tarifs pour les Québécois. Avec le modèle actuel, la facture devrait grimper de 8 % au cours des trois prochaines années.
Selon Équiterre, Hydro-Québec doit enfin en faire plus pour inciter les entreprises et les citoyens à réduire leur consommation.
Les deux groupes écologiques demandent aussi à Hydro-Québec de mieux concerter ses efforts avec l'Ontario. Grâce à la complémentarité de leurs périodes de pointes, des échanges - et des économies - pourraient être réalisés entre les deux provinces.
Au Québec, la demande culmine en hiver, tandis qu'en Ontario, c'est le cas pendant les chaleurs estivales. L'Ontario pourrait diminuer son utilisation des centrales au charbon pendant l'été, ce qui, estiment-ils, entraînerait en plus des effets bénéfiques sur la qualité de l'air au Québec. Ces centrales sont en partie responsables de la pollution de l'air dans la province, où le smog est un enjeu de santé publique de plus en plus inquiétant, rappellent les écologistes.
« Près de la moitié de la pollution atmosphérique au Québec nous vient de l'Ontario et du Midwest américain. Or, toute mesure qui vise à réduire la production d'électricité faite à partir de charbon en Ontario, c'est une très bonne chose d'un point de vue de la qualité de l'air pour les Québécois et les Québécoises. Ça va nous permettre notamment de réduire le smog » à révélé M. Guilbeault.
Hydro-Québec contemple de nouveaux projets hydroélectriques, en Abitibi-Témiscamingue et sur la Côte-Nord notamment.
D'après un reportage de Jean-François Bouthillette