Ottawa cible les centrales au charbon

Jim Prentice Jim Prentice

Le ministre fédéral de l'Environnement, Jim Prentice, a annoncé mercredi la mise en place d'un règlement visant la production d'électricité au charbon.

Le ministre fédéral de l'Environnement, Jim Prentice, annonce de nouvelles mesures en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre provenant du secteur de l'électricité, précisément des centrales thermiques.

Ces mesures ont pour objectif la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

« Une élimination graduelle, responsable et claire des centrales thermiques inefficaces du secteur de l'électricité accordera suffisamment de temps à la mise en oeuvre de technologies de production d'énergie propre. Cela permettra de créer de nouveaux emplois dans le secteur de l'énergie propre, tout en aidant le Canada à respecter son engagement de réduire les émissions de gaz à effet de serre », a déclaré M. Prentice.

Les centrales électriques alimentées au charbon produisent 13 % des émissions totales de gaz à effet de serre du Canada.

Au total, le Canada compte 51 de ces centrales, dont 33 arriveront au terme de leur durée économique d'ici 2025. L'élimination graduelle de ce type de production d'électricité devrait influer sur la réduction des émissions, selon le ministère de l'Environnement.

Le ministère de l'Environnement explique, dans un communiqué, que cette politique, combinée avec l'engagement des provinces et des entreprises à cesser les activités des centrales thermiques, permettra une réduction des émissions de près de 15 mégatonnes. Cela équivaut à l'élimination de près de 3,2 millions de véhicules sur nos routes.

Par ailleurs, le ministre a indiqué par la même occasion que le Canada tiendrait son engagement, dans le cadre de l'Accord de Copenhague, d'aider les pays pauvres à lutter contre les changements climatiques. Ainsi, M. Prentice a annoncé que le Canada investira au cours du présent exercice 400 millions de dollars dans les initiatives internationales portant sur les changements climatiques.

À Copenhague, les pays développés se sont engagés à fournir un financement accéléré, équivalant à près de 30 milliards de dollars américains pour la période de 2010 à 2012, afin d'aider les pays pauvres à s'adapter aux effets des changements climatiques.

Réactions mesurées

Oxfam-Québec a réagi positivement à l'annonce du ministre Prentice, mais l'ONG précise que l'argent attribué aux pays pauvres ne devrait pas être « pigé dans le budget d'aide ».

« Les femmes et les hommes pauvres ne devraient pas avoir à se priver de professeurs ou d'infirmiers parce que nous payons pour nettoyer un dégât que nous avons causé. Il serait beaucoup plus approprié de retirer cet argent des subventions annuelles de 2 milliards de dollars attribuées aux carburants fossiles », écrit l'ONG dans un communiqué.

De son côté, l'Institut Pembina a salué l'annonce du ministre. L'Institut a indiqué dans un communiqué qu'il y avait des éléments dans l'annonce du ministre qui devaient être renforcés.

Pour l'Institut Pembina, il est nécessaire, quand le gouvernement veut réduire les gaz à effet de serre, d'apporter une aide massive pour les énergies renouvelables.