Des écologistes craignent Hydro-Québec

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Pylônes d'Hydro-Québec   © PC/Jacques Boissinot

Un groupe environnemental du nord-est des États-Unis redoute que la société d'État québécoise vienne anéantir le développement des énergies alternatives au Vermont si l'hydroélectricité y est reconnue comme une énergie verte.

Un groupe environnemental du nord-est des États-Unis redoute que la société d'État québécoise vienne anéantir le développement des énergies alternatives dans la région si le Vermont concrétise son intention de reconnaître l'hydroélectricité comme une énergie verte.

Dans ce cas, Hydro-Québec pourrait accéder aux crédits d'énergie renouvelable offerts par les autorités américaines, avec pour conséquence d'en priver les plus petits promoteurs, selon la Conservation Law Foundation.

« D'un point de vue de politique publique, c'est insensé de permettre à de grandes compagnies d'hydroélectricité d'accéder au marché des crédits d'énergie renouvelable de la Nouvelle-Angleterre. » — Chris Kilian, de la Conservation Law Foundation

« Ces programmes ne sont pas conçus pour cela », déplore le porte-parole de l'organisme, Chris Kilian, dans une entrevue à La Presse canadienne. Selon lui, les crédits d'énergie renouvelable ont été mis en place pour favoriser le développement de projets à petite échelle (panneaux solaires, éoliennes, etc.).

Le Vermont s'est engagé en mars dernier à reconnaître l'hydroélectricité comme énergie verte, dans le cadre d'une entente de principe avec Hydro-Québec d'une valeur de 1,5 milliard de dollars pour un approvisionnement durant 25 ans. L'Assemblée législative de l'État américain étudie maintenant la question.

À l'heure actuelle, l'hydroélectricité n'est pas considérée comme une énergie verte par les autorités américaines, en raison notamment de l'impact environnemental des barrages.

Le Québec et les États-Unis consultent

Mercredi, la Conservation Law Foundation doit lancer un appel d'offres, avec l'organisation québécoise Équiterre, l'Initiative boréale du Canada et un autre groupe américain, pour la réalisation d'études sur les impacts environnementaux de l'exportation d'énergie du Québec vers le nord-est des États-Unis.

« On va se poser des questions sur les émissions de gaz à effet de serre des réservoirs hydro-électriques, sur la façon de s'assurer que ce qu'on exporte aux États-Unis permet véritablement de réduire la part des énergies fossiles », a expliqué le porte-parole d'Équiterre, Steven Guilbeaut, à La Presse canadienne.

« Avant de dire qu'on est pour ou contre les barrages, on veut se faire une tête là-dessus en ayant accès à nos propres données », dit-il.

Surtout, ajoute-t-il, que le gouvernement québécois a l'intention de multiplier les projets de production d'énergie ces prochaines années, dans le cadre de son Plan Nord.