C'est par une lettre officielle signée de son négociateur, Su Wei, que la Chine a informé mardi le Secrétariat de l'ONU sur le changement climatique, qui siège à Bonn, qu'il pouvait « inscrire la Chine sur la liste des pays qui appuient l'accord conclu à Copenhague ».
Les Indiens et les Chinois adhèrent finalement à l'accord sur le climat conclu à l'arraché à la dernière conférence de l'ONU. Un nouvel accord portant sur une réduction des gaz à effet de serre reste tout de même éloigné.
Plus tôt, le gouvernement indien avait annoncé qu'il s'associait officiellement à l'accord de Copenhague, conclu en décembre au terme de la Conférence internationale sur les changements climatiques. Une centaine d'autres pays ont déjà fait de même au cours des trois derniers mois.
Un nuage de smog enveloppe la ville indienne de Bangalore.
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AFP/Dibyangshu Sarkar
Le ministre indien de l'Environnement, Jairam Ramesh, a déclaré devant le Parlement que cette décision reflétait le rôle que New Delhi a joué dans la conclusion de l'accord. « Cela renforcera notre position de négociations », a-t-il dit.
L'Inde et la Chine étaient jusqu'à mardi les derniers États du groupe « Basic » de grands pays en développement à ne pas s'être associés à l'accord de Copenhague. Le groupe Basic regroupe le Brésil, l'Afrique du Sud, l'Inde et la Chine.
Le sommet sur le climat de Copenhague n'a pas permis de conclure un accord sur la réduction des gaz à effet de serre (GES) appelé à succéder au protocole de Kyoto à compter du 1er janvier 2013, comme le voulait son objectif officiel.
Il s'est plutôt soldé par une déclaration politique non contraignante de deux pages et demie négociée dans les dernières heures du sommet par une vingtaine de pays, dont les États-Unis et la Chine.
L'Accord de Copenhague engage les principaux pollueurs de la planète à réduire leurs émissions de GES d'ici 2020, mais il ne contient aucun objectif chiffré, ni pour 2020 ni pour 2050. Le protocole de Kyoto avait fixé des objectifs pour 2012.
L'entente conclue à Copenhague fixe plutôt comme objectif général de limiter la hausse des températures moyennes sur la planète à 2 degrés Celsius par rapport à l'ère préindustrielle, soit le milieu du 19e siècle.
L'accord prévoit que les pays industrialisés vont consacrer, à compter de 2020, une aide annuelle de 100 milliards de dollars américains aux pays en développement. D'ici là, un fonds de 10 milliards de dollars par an sera créé pour 2010, 2011 et 2012.
Direction Mexico
L'accord de Copenhague n'a pas été soumis au vote des 194 pays membres de la Convention-cadre des Nations unies sur le climat. Des négociations se poursuivent toujours en vue de la prochaine conférence, qui aura lieu à Mexico.
Au-delà des déclarations de principes générales, les pays riches et les pays pauvres ne s'entendent pas sur les cibles de réduction de GES à atteindre, pas plus que sur leurs responsabilités respectives en la matière.
Les négociations en vue de la conférence de Mexico se déroulent d'ailleurs sur deux voies parallèles. L'une, préconisée par les pays pauvres, prévoit que le protocole de Kyoto soit reconduit pour une seconde phase d'engagement.
Le protocole contraint les pays industrialisés à réduire leurs émissions de GES, mais n'impose aucune cible chiffrée aux pays en voie de développement. Son objectif actuel est de réduire les émissions de GES de 5,2 % d'ici 2012 par rapport au niveau de 1990.
De nombreux pays riches, comme les États-Unis et le Canada, préconisent plutôt un nouveau traité qui imposerait des cibles aux pays en voie de développement, notamment à la Chine et à l'Inde.
Ces deux grandes puissantes émergentes sont devenues des pollueurs importants en matière de GES au fil des années, mais le protocole de Kyoto reconnaissait que la situation actuelle est en fait imputable aux pays industrialisés, qui rejettent d'importantes quantités de gaz depuis beaucoup plus longtemps.