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La fin du thon rouge?

Mise à jour le samedi 6 février 2010 à 10 h 23

Manifestation de Greenpeace pour l'interdiction du thon rouge, devant le ministère français de l'Agriculture, à Paris, en novembre 2008.

Photo: AFP/Martin Bureau

Manifestation de Greenpeace pour l'interdiction du thon rouge, devant le ministère français de l'Agriculture, à Paris, en novembre 2008

Le thon rouge pourrait bientôt disparaître de nos tablettes. Vendredi, l'organisation chargée de la protection des espèces menacées d'extinction, la CITES, a en effet recommandé d'interdire totalement la commercialisation de ce poisson.

Monaco avait déposé une demande en ce sens auprès de l'organisation, affiliée à l'ONU. Les 175 pays membres pourraient prendre une décision en mars prochain lors d'une assemblée au Qatar.

La France a déjà annoncé qu'elle comptait interdire le thon rouge sur son territoire d'ici un an et demi.

Le Japon, qui importe 80 % des stocks mondiaux de ce poisson, a vivement dénoncé la prise de position du CITES. Le thon rouge est couramment utilisé pour la confection des sushis. Le pays a lancé une campagne internationale de lobbying pour tenter de faire pencher la balance de son côté.

D'autres pays pourraient joindre leur voix à celle du Japon. Le thon fait travailler des milliers de travailleurs en Turquie, en Espagne, en Italie et à Malte, notamment.

Pour le chef de l'Unité d'appui scientifique à la CITES, la prise de position de l'organisation est fondée sur des critères scientifiques. Il a rappelé que les stocks de thon rouge ont chuté de 80 % depuis le 19e siècle.

En novembre dernier, la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA) a d'ailleurs réduit le quota total de prise de 40 %, pour le faire passer à 13 500 tonnes.

Le thon rouge se vend à prix d'or. Selon la CITES, un poisson de 650 kilos peut facilement atteindre les 120 000 $.

Les ours polaires aussi ciblés

La rencontre des 175 membres de la CITES au Qatar sera aussi l'occasion de discuter de l'interdiction de plusieurs autres produits, dont ceux à base d'ours polaire.

David Morgan a indiqué vendredi qu'il ne soutenait pas cette proposition faite par les États-Unis. Les autochtones du Canada s'y opposent aussi vivement.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press et Reuters