Une rencontre à laquelle devaient participer le premier ministre du Québec et son homologue indien est annulée. Jean Charest a par ailleurs répliqué aux critiques du ministre fédéral de l'Environnement sur un règlement environnemental québécois.
Une rencontre à laquelle devaient participer le premier ministre Charest, en mission commerciale en Inde, et son homologue indien, Manmohan Singh, a été annulée mercredi après-midi. Les chefs de gouvernement de la Grèce, de la Finlande, de la Norvège et de la Slovaquie devaient eux aussi y prendre part.
L'attaché de presse de M. Charest, Hugo D'Amour, n'était pas en mesure de préciser les raisons de ce changement de dernière minute. Avant cette annonce, M. Charest se réjouissait de la perspective de discuter de libre-échange avec le chef de gouvernement de la plus grande démocratie au monde.
La rencontre avec M. Singh n'était pas annoncée dans le programme initial de Jean Charest. Mais des arrangements ont été pris rapidement afin que le premier ministre québécois devance son arrivée à New Delhi.
Jean Charest croisera tout de même le premier ministre Singh vendredi dans la capitale indienne lors d'une conférence internationale sur l'environnement et le développement durable, le Delhi Sustainable Summit. Le premier ministre du Québec est invité à y prendre la parole.
Comme Ottawa et Québec sont à couteaux tirés en matière d'environnement, on peut s'attendre à ce que Jean Charest profite de cette tribune pour défendre la position du Québec.
Charest contre-attaque
Un peu plus tôt mercredi, le premier ministre du Québec, Jean Charest, a d'ailleurs lancé une réplique cinglante au ministre fédéral de l'Environnement, Jim Prentice, mercredi, accusant Ottawa d'être à plat ventre devant les États-Unis en matière de lutte contre les changements climatiques.
Le ministre Jim Prentice annonçait les cibles canadiennes en matière de GES il y a quelques jours.
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PC/Bill Graveland
Plus tôt cette semaine, M. Prentice a critiqué le nouveau règlement québécois sur les émissions de gaz à effet de serre des véhicules automobiles, y voyant « l'un des plus flagrants exemples de la sottise d'essayer d'agir seul dans une économie intégrée ». Ce commentaire a suscité de nombreuses réactions, tant à Québec qu'à Otawa.
Pour sa part, M. Charest a rétorqué que le ministre fédéral de l'Environnement ne pouvait pas reprocher au Québec de ne pas s'arrimer avec Ottawa en matière environnementale, parce que le gouvernement de Stephen Harper n'a tout simplement pas de plan environnemental.
Le premier ministre Charest a accusé le ministre Prentice de faire de la désinformation sur une politique du gouvernement du Québec, une chose qu'il trouve inquiétante. M. Charest a dit qu'il était faux de prétendre, comme l'a laissé entendre le ministre Prentice, que le Québec imposait une redevance de 5000 $ aux propriétaires de véhicules non conformes au nouveau règlement.
La somme de 5000 $ évoquée par le ministre Prentice est l'amende maximale, a fait valoir Jean Charest. Si un constructeur dépasse la norme de 1 %, l'amende sera équivalente à 1 % de 5000 $ par véhicule, soit 50 $, a-t-il dit.
Il est aussi erroné de dire que le Québec est isolé, a souligné Jean Charest, puisque 15 États américains représentant 40 % du marché de l'automobile nord-américain adoptent les mêmes critères.
Cet échange acrimonieux entre Ottawa et Québec constitue le dernier échange de tirs croisés entre Ottawa et Québec sur la question environnementale. Le différend, déjà évident dans les approches préconisées de part et d'autre, a éclaté au grand jour à la Conférence de Copenhague sur le climat, en décembre.