Une femme devant le globe terrestre géant dans le centre de conférence à Copenhague.
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AFP/Attila Kisbenedek
À quelques heures de la fin de la conférence, les dirigeants de 26 pays conviennent de se rencontrer vendredi matin pour tenter de se mettre d'accord sur une déclaration politique.
La conférence de Copenhague sur le climat, où des délégués de 193 pays ne se sont toujours pas entendus sur un nouvel accord de réduction des gaz à effet de serre (GES) appelé à succéder au protocole de Kyoto à compter du 1er janvier 2013, entre dans son dernier droit.
Réunis jeudi en fin de soirée à l'initiative des présidents français et brésilien, les dirigeants de 26 pays participants ont convenu de se rencontrer vendredi matin pour tenter de se mettre d'accord sur une déclaration politique. Après plusieurs heures de discussions, ils ont confié à la présidence danoise de la conférence et à leurs conseillers le soin de rédiger ce texte dans la nuit.
Outre les présidents français Nicolas Sarkozy et brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, la chancelière allemande Angela Merkel, le premier ministre britannique Gordon Brown et la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton, notamment, ont participé à cette réunion de crise.
Les représentants de pays comme l'Éthiopie, le Japon, l'Indonésie, l'Afrique du Sud, l'Espagne, la Suède, le Danemark, le Soudan, la Corée du Sud, le Japon, le Bangladesh, l'Arabie saoudite et les Maldives étaient également présents.
« Les choses progressent, pas suffisamment, mais elles progressent », a estimé la présidence française à l'issue de cette réunion. « La négociation commence à se nouer, alors qu'elle était totalement bloquée. »
Le principe d'une déclaration politique chapeautant deux textes actuellement sur la table des négociations a Copenhague a été retenu.
Plus tôt dans la journée, le secrétaire général de la Convention-cadre des Nations unies sur le climat, Yvo de Boer, avait annoncé que les négociations, au point mort depuis plusieurs heures, se poursuivaient sur deux voies parallèles: l'une pour les 37 pays industrialisés qui ont ratifié le protocole de Kyoto, dont le Canada, et une autre pour tous les autres pays.
La présidence danoise de la conférence espérait fondre ces textes dans un seul document, mais le premier ministre du pays, Lars Lokke Rasmussen, a finalement fait savoir qu'il renonçait à cette idée, en raison de l'opposition de nombreux pays émergents.
Des chefs pessimistes
Il est néanmoins loin d'être acquis que les 120 chefs d'État et de gouvernement qui seront présents vendredi seront en mesure de faire débloquer les pourparlers, actuellement enlisés sur les cibles de réduction de GES à atteindre et sur les responsabilités respectives des pays riches et des pays en voie de développement en la matière.
« Je redoute un triomphe de la forme sur le fond. Je redoute un triomphe de l'inaction sur l'action », a déclaré jeudi le premier ministre australien Kevin Rudd. « La vérité est que, à moins que nous agissions tous ensemble - car nous sommes tous embarqués dans cette affaire - les perspectives de développement seront limitées, car la planète elle-même ne pourra plus le supporter. »
Le président français Nicolas Sarkozy
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AFP/Ludovic
Un son de cloche similaire est venu de l'Allemagne, où la chancelière Angela Merkel a admis, avant de s'envoler pour Copenhague, que « les nouvelles qui nous parviennent ne sont pas bonnes. À l'heure actuelle, il n'y a pas de processus de négociations raisonnable en vue », a-t-elle déclaré devant les députés allemands réunis au Bundestag. Plus tard, à Copenhague, elle a fait valoir qu'il fallait accepter que nous vivons tous sur la même planète.
« On court à la catastrophe, a affirmé de son côté le président français Nicolas Sarkozy. Il reste moins de 24 heures, si on continue comme ça, c'est l'échec. » M. Sarkozy a lancé un appel pour en arriver à un texte de compromis.
Le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, a toutefois plaidé pour qu'une entente avec un contenu significatif soit conclue. « Revenir avec un accord vide de sens serait bien pire que revenir les mains vides », a-t-il dit, tandis qu'on attend l'arrivée du président Barack Obama, prévue pour vendredi.
Progrès au sujet du fonds d'aide
Des progrès ont tout de même été enregistrés mercredi au sujet du fonds d'aide que les pays industrialisés doivent financer pour permettre aux pays en voie de développement de lutter contre le réchauffement de la planète et de s'adapter aux conséquences de ces changements climatiques.
L'Afrique a revu ses objectifs en la matière. Le premier ministre éthiopien a confirmé que les pays africains pourraient accepter que le fonds soit financé à hauteur de 100 milliards de dollars par année à compter de 2020, un montant inférieur à ce qui avait été évoqué par le passé.
« Je sais que ma proposition d'aujourd'hui va décevoir les Africains qui, dans un objectif de justice, ont réclamé une compensation totale pour les dommages causés à nos perspectives de développements », a expliqué M. Zenawi.
« Ma proposition revoit nettement à la baisse nos espoirs concernant le niveau de financement, en échange d'un financement plus fiable et d'un siège à la direction du fonds nouvellement créé », a-t-il fait valoir. « C'est parce que nous avons plus à perdre que les autres que nous devons être prêts à nous montrer flexibles et à faire un peu plus de chemin pour satisfaire les autres ».
Jeudi, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a déclaré que les États-Unis « sont prêts à contribuer avec d'autres à la mobilisation de 100 milliards de dollars par an d'ici 2020 », à condition qu'un accord de réduction des GES engageant les principales économies soit conclu.
Problème de transparence
La secrétaire d'État des États-Unis en conférence de presse à Copenhague
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AFP/Olivier Morin
Mme Clinton a toutefois accusé les grandes économies émergentes de faire « marche arrière » sur leur volonté de faire preuve de transparence dans la mise en oeuvre de leurs engagements en matière de lutte contre le changement climatique.
« En plusieurs occasions cette année, toutes les principales économies se sont engagées à la transparence. Désormais, elles sont en train d'essayer de définir ce que transparence veut dire et sur la façon de la mettre en oeuvre et de la contrôler. Ils sont en train de faire marche arrière. [...] C'est pour nous une attitude qui sape tout l'effort que nous sommes en train de fournir ».
« S'il n'y a même pas un engagement vers la transparence, nous considérons qu'il ne peut y avoir d'accord. Il doit y avoir un engagement pour la transparence », a affirmé Mme Clinton. Ces commentaires s'adressent principalement à la Chine, qui est devenue récemment le plus important pollueur de la planète en chiffres absolus.
Les États-Unis, l'Australie, la France, le Japon, la Norvège et le Royaume-Uni ont tout de même annoncé mercredi soir une aide immédiate de 3,5 milliards de dollars sur trois ans pour « enrayer et si possible inverser la déforestation dans les pays en développement ». Le phénomène de la déforestation est jugé responsable de 20 % des émissions mondiales de GES.