Une femme devant le globe terrestre géant dans le centre de conférence
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AFP/Attila Kisbenedek
Les chefs d'État et de gouvernement commencent à arriver à Copenhague pour finaliser les discussions et trouver un accord sur le climat.
À deux jours de la fin du sommet, les pays participants semblent loin d'une entente. Par ailleurs, la police danoise arrête 250 manifestants qui voulaient pénétrer dans les lieux où se déroulent les pourparlers.
Mais à deux jours de la fin du sommet, les négociations tournent au ralenti et on semble encore très loin d'une entente.
Au cours des dernières heures, un groupe restreint de pays a été formé pour accélérer les discussions afin d'aboutir à une entente. En tout, 50 pays en font partie, dont le Canada. Le texte sera soumis à l'ensemble des pays présents plus tard par la présidence danoise, mais les représentants des pays ont peu d'espoir.
« La situation est toujours complètement bloquée. Nous avons quasiment perdu deux journées de négociations », a déploré la secrétaire d'État française à l'Écologie, Chantal Jouanno.
Le ministre britannique au Changement climatique, Ed Miliband, a déploré que les négociations s'enlisent pour des questions de procédures et non de fond. « Les gens peuvent tuer ce processus, tuer un accord pour des questions procédurales et c'est extrêmement dangereux. Tout est suspendu à des questions de marchandages procéduraux ».
« On soupçonne les États-Unis de s'agiter dans l'arrière-boutique pour influer sur le processus, mais les Européens sont embusqués derrière eux et finalement ne sont pas mécontents », a déclaré à ce sujet un délégué européen à l'AFP.
La Chine a notamment dénoncé le « manque de transparence » de tout le processus. Les pays émergents ont accusé la présidence danoise de la conférence de préparer un texte de négociations ne tenant pas compte des résultats des groupes de travail. Selon eux, une telle démarche est inacceptable.
Sortie en règle de Charest contre Ottawa
De Copenhague, le premier ministre québécois a décoché quelques flèches à l'endroit d'Ottawa, en réponse à son refus de tenir compte des objectifs, plus ambitieux, de Québec, de réduction des GES, au moment de fixer les objectifs canadiens.
« À Copenhague, le gouvernement fédéral a le pouvoir de signer des traités, mais il n'a pas le pouvoir d'engager nos gouvernements provinciaux dans nos domaines de compétences. Ça, c'est la réalité canadienne, et c'est la dure réalité », a soutenu Jean Charest. « Il doit savoir qu'en élaborant sa position, il doit tenir compte de ce que le Québec veut, et qu'à défaut de le faire, il va se trouver bloquer dans la mise en oeuvre de ses engagements », a-t-il continué.
Le ministre fédéral de l'Environnement a cependant semblé faire peu des avertissements de Québec.
« Le Canada n'a pas besoin de l'approbation des provinces pour établir sa position ou conclure un traité. Notre fédération ne pourrait fonctionner si, à chaque conférence internationale, nous devions faire l'unanimité dans les provinces », a répliqué Jim Prentice en entrevue à La Presse Canadienne.
Clivage entre riches et pauvres
Les pays riches et les pays pauvres restent divisés sur les cibles à atteindre, sur leur responsabilité respective et sur la somme qui sera versée par les premiers aux seconds pour les aider à lutter contre les changements climatiques.
Les pays en voie de développement insistent en outre pour que le protocole de Kyoto soit reconduit pour une seconde phase d'engagement. Le protocole contraint les pays industrialisés à réduire leurs émissions de GES, mais n'impose aucune cible chiffrée aux pays en voie de développement. Son objectif est de réduire les émissions de GES de 5,2 % d'ici 2012 par rapport au niveau de 1990.
La plupart des pays riches, États-Unis en tête, veulent plutôt un nouveau traité qui imposerait des cibles à ces pays, et notamment à la Chine et à l'Inde.
Seul geste concret obtenu mercredi, les États-Unis ont promis d'investir initialement un milliard de dollars dans l'ébauche du plan de 3,5 milliards pour lutter contre la déforestation, l'une des principales causes du réchauffement climatique.
L'Australie, la France, le Japon, la Norvège et la Grande-Bretagne sont également impliqués dans ce projet.
Changement de présidence
La présidence de la conférence est d'ailleurs passée des mains de la ministre danoise de l'Environnement, Connie Hedegaard, à celles du premier ministre danois, Lars Lokke Rasmussen.
« Avec tant de chefs d'État et de gouvernement qui sont arrivés, il est approprié que ce soit le premier ministre du Danemark qui préside », a expliqué Mme Hedegaard. La ministre continuera de participer activement aux négociations.
La police a arrêté environ 250 manifestants qui voulaient entrer dans le centre de conférence.
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AFP/Adrian Dennis
Les esprits s'échauffent
Plus tôt mercredi, environ 250 activistes réclamant la conclusion d'un traité international sur la réduction des gaz à effet de serre (GES) ont été arrêtés, mercredi, lorsqu'ils ont tenté de forcer le barrage policier déployé autour du centre des conférences de Copenhague.
Les manifestants, rassemblés à l'appel de l'organisme Action Justice Climat, disaient vouloir faire entendre la voix de la population lors de cette conférence, à laquelle participent des délégations de plus de 190 pays qui ont ratifié la Convention-cadre des Nations unies sur le climat.
Un porte-parole du groupe, Peter Nielsen, a déclaré sur les ondes de la télévision danoise TV2 que les manifestants voulaient « tenir une assemblée populaire et débattre avec les délégués présents à ce sommet afin de parvenir à une solution sur le climat », a-t-il dit. « Il est question de résoudre un problème mondial, et nous ne retiendrons pas le peuple à l'écart ».
Depuis le début de la conférence, la police danoise, autorisée à effectuer des « arrestations préventives », a interpellé plus de 1700 personnes, dont la plupart ont a été relâchées sans qu'aucune charge ne soit retenue.