![]() Mise à jour le lundi 21 décembre 2009 à 13 h 17 L'après KyotoLa 15e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, tenue à Copenhague du 7 au 18 décembre 2009, a consacré les désaccords profonds qui divisent la communauté internationale sur la manière de mener une politique concertée de réduction des gaz à effet de serre (GES), responsables du réchauffement de la planète. L'objectif était clair: conclure un nouveau traité international censé prendre la relève du protocole de Kyoto, qui viendra à échéance le 31 décembre 2012. Ce traité imposait des cibles de réductions chiffrées à 37 pays industrialisés, dont le Canada, de manière à ce que les émissions de GES aient baissé de 5,2 % en 2012, par rapport au niveau de 1990. De nombreux pays ont atteint leurs objectifs, mais pas le Canada. La conférence s'est plutôt terminée, dans la nuit du 18 au 19 décembre, après que cinq pays - les États-Unis, la Chine, l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud - eurent conclu une déclaration politique non contraignante en matière de droit international, dans laquelle ils s'engagent à limiter à 2 degrés Celsius la hausse de la température moyenne de la planète par rapport à l'ère pré-industrielle. L'ébauche d'entente prévoit aussi que les pays industrialisés viendront en aide aux pays en voie de développement, en créant un fonds destiné à aider les pays en voie de développement à lutter contre les changements climatiques et à s'adapter à ses conséquences. Les pays industrialisés s'engagent à réunir 30 milliards de dollars à ces fins entre 2010 et 2012. La somme doit atteindre 100 milliards de dollars à compter de 2020. Les sommes que chaque pays doit fournir n'ont pas été précisées.
Cette déclaration n'a pas été soumise au vote des 194 pays représentés à la conférence. L'Organisation des Nations unies s'est contentée d'en prendre acte. Son secrétaire-général, Ban Ki-moon, a soutenu qu'il s'agissait là d'un « bon départ », tout en prévenant qu'un « travail important » reste à accomplir pour que ce qui a été baptisé l'Accord de Copenhague devienne un traité contraignant. Jusqu'à nouvel ordre, cette ébauche d'entente laisse en suspens de nombreuses questions. Elle n'établit pas de cibles de réductions fermes de GES, ni pour 2020, ni pour 2050. Elle ne se prononce pas explicitement sur le sort du protocole de Kyoto, que les pays en voie de développement souhaitent voir reconduire pour une seconde phase d'engagement. Elle n'établit pas non plus de mécanisme permettant de vérifier que les pays signataires respectent leurs engagements. Les négociations n'ont pas permis de parvenir à une entente non plus sur une date pour un pic des émissions. L'accord reconnaît « que l'échéancier pour le pic des émissions sera plus long pour les pays en voie de développement » et souligne « que le développement économique et social ainsi que l'éradication de la pauvreté sont les priorités des pays en voie de développement ». Les négociations se poursuivront donc au cours de l'année 2010, dans l'espoir qu'une entente contraignante puisse être conclue d'ici la prochaine conférence de la Convention-cadre des Nations unies sur le climat, à Mexico. Entre-temps, les menaces qui pèsent sur la population mondiale restent présentes. Comme le rappelait le président du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), Rajendra Pachauri, au début de la conférence, ces menaces sont nombreuses: perturbations des écosystèmes, augmentation des urgences climatiques (inondations, sécheresse, etc.), hausse des taux de mortalité, villes côtières menacées par la hausse du niveau de l'eau consécutive à la fonte des glaces, déficit hydrique accru, notamment en Afrique, et diminution des récoltes agricoles. À l'approche de cette importante conférence, Le Téléjournal a proposé un tour du monde sur l'état des changements climatiques afin d'observer les efforts déployés par les gouvernements ou encore le chemin qu'il leur reste à parcourir. Céline Galipeau recevait Steven Guilbeault, coordonnateur général adjoint d'Équiterre, qui a d'abord fait le point avant de commenter chacun des reportages.
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Accord de Copenhague
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