Logo Radio-Canada

Copenhague

L'ONU est confiante

Mise à jour le dimanche 6 décembre 2009 à 22 h 46

Des gens marchent devant un énorme globe terrestre sur une place de Copenhague, le 6 décembre 2009.

Photo: AFP/Mikkel Moeller Joergensen

Des gens marchent devant un énorme globe terrestre sur une place de Copenhague, le 6 décembre 2009.

À la veille du début de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, qui se tient à Copenhague, au Danemark, le secrétaire général de l'organisation, Ban Ki-Moon, se dit confiant de voir la conférence déboucher sur un accord signé par tous les pays membres de l'ONU.

Lors d'un entretien avec la chaîne de télévision TV5, il a dit que cet accord servirait par la suite de base à une entente contraignante sur la diminution des émissions de gaz à effet de serre. M. Ban soutient que l'accord devra prévoir des cibles ambitieuses, à la fois pour les pays développés et pour les pays émergents.

Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques, qui rencontrait la presse dimanche partage cet optimisme, encouragé par les déclarations de pays comme la Chine, l'Inde, le Japon et les États-Unis qui ont tous annoncé leurs cibles. « Il s'agit d'une situation sans précédent », dit-il.

Il se réjouit aussi que Barack Obama ait finalement décidé de venir à la fin de la conférence, quand les leaders d'une centaine de pays seront présents, plutôt qu'au début.

Le fossé demeure toutefois profond entre les pays riches et les pays en développement sur les objectifs de réduction des gaz à effet de serre et sur l'aide financière aux pays pour qu'ils puissent faire face au réchauffement climatique et adapter leurs économies.

Yvo de Boer a estimé que 30 milliards de dollars sur trois ans seront nécessaires pour soutenir les pays en développement et les aider à s'adapter aux nouveaux plafonds d'émissions.

Objectifs de réduction des GES du Canada

Le Canada vise une réduction de ses émissions de GES de 20 % d'ici 2020, en prenant 2006 comme année de référence. Dans les faits, il s'agit d'une réduction de 3 % de ses émissions si l'on prend plutôt comme référence 1990, ce qui avait été convenu par la communauté internationale à Kyoto.

À compter de lundi, jusqu'au 18 décembre, les délégations de 193 pays tenteront d'en arriver à un nouvel accord sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cet accord doit faire suite au protocole de Kyoto dont la première phase vient à échéance à la fin de 2012.

Samedi, dans plusieurs villes du monde, des milliers de personnes ont manifesté pour réclamer un accord ambitieux à Copenhague.

Le Canada sous pression

L'ancien ministre libéral fédéral de l'environnement Stéphane Dion estime que le gouvernement conservateur subira les pressions d'autres pays pour en faire davantage en matière de réduction de gaz à effets de serre. Mais celui qui présidait la Conférence de Montréal, en 2005, estime que le premier ministre conservateur Stephen Harper fera tout pour ne pas bouger.

Le Canada va se faire pousser dans le dos. M. Harper est quelqu'un qui toute sa vie adulte a dit qu'il ne croyait pas aux changements climatiques créés par l'action humaine. Depuis qu'il est premier ministre, il fait attention pour ne pas répéter cette déclaration. Mais, dans le fond, il n'y a aucun enthousiasme de son côté. Il résiste du mieux qu'il peut à tout changement de cet ordre.

— Stéphane Dion

Le ministre de l'Environnement Jim Prentice a d'ailleurs indiqué que les objectifs du Canada en matière de réduction de GES ne sont pas négociables.

Pour sa part, Hubert Reeves explique qu'il faudrait que les émissions de gaz carbonique diminuent de 70 % pour stabiliser la température. Or, l'astrophysicien et écologiste s'attend plutôt à ce qu'une baisse de 20 % ou 25 % soit atteinte, et ce, « avec un peu de chance ».

C'est pourquoi il considère la prochaine Conférence des Nations unies sur les changements climatiques comme un second pas, Kyoto ayant été le premier « petit pas ». Il ajoute qu'il faudra probablement plusieurs autres rencontres du genre, mais que, le problème, « c'est que des Copenhague, ça vient quand la situation se détériore ».

On ne peut pas continuer comme cela. Il va falloir réduire d'une façon très importante notre dépense d'énergie. [...] Ça va être des changements importants et la vie va être beaucoup moins facile. Je pense qu'elle peut rester vivable, mais elle sera beaucoup plus frugale. Nous vivons les dernières années du grand luxe que nous vivons depuis 30 ou 50 ans.

— Hubert Reeves