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Changements climatiques

Le PQ s'en prend au gouvernement

Mise à jour le vendredi 20 novembre 2009 à 18 h 38

pollution

À quelques semaines de l'importante conférence de Copenhague sur les changements climatiques, le Parti québécois (PQ) accuse le gouvernement Charest de vouloir contribuer à l'échec de la rencontre.

Les députés péquistes Louise Beaudoin et Scott McKay ont soutenu vendredi qu'en demeurant silencieux sur ses propres objectifs en vue de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre (GES), le gouvernement du Québec se fait complice du gouvernement conservateur de Stephen Harper dans sa tentative de torpiller la conférence des Nations unies.

Selon M. McKay, le gouvernement Charest devrait chercher à influencer la position canadienne dénoncée partout sur la planète au lieu de se contenter de tenir un rôle mineur lors de la conférence.

Le 15 décembre, lors de la conférence de Copenhague, le premier ministre Charest coprésidera le Sommet des leaders. Au cours de cette rencontre, les États fédérés feront part de leurs initiatives en matière de réduction des émissions de GES.

La conférence de Copenhague se tiendra du 7 au 18 décembre. Les pays participants doivent établir les suites à donner au protocole de Kyoto, qui vient à échéance en 2012. Les pays doivent en principe adopter un plan contraignant pour éviter un réchauffement planétaire supérieur à 2 degrés Celsius. Ils doivent aussi établir leur cible de réduction d'émissions de GES pour les années 2012 à 2020.

Il n'est cependant pas certain qu'un tel plan soit adopté. Par exemple, le ministre de l'Environnement du Canada, Jim Prentice, a déjà averti que la rencontre risque de se conclure par une seule entente politique, afin de prolonger les discussions en 2010.

Des cibles insuffisantes, selon plusieurs

Le gouvernement Harper a établi comme objectif de réduire les émissions de GES de 20 % en 2020 par rapport à celles de 2006. Cette position a été unanimement critiquée par les experts environnementaux de partout dans le monde.

Pour sa part, le premier ministre Charest devrait annoncer la cible de réduction des émissions de GES du Québec lundi prochain, lors d'une conférence devant le Conseil des relations internationales de Montréal.

Même s'il ne connaît pas encore la cible que déterminera Québec, le PQ la juge déjà insuffisante, puisqu'il réclame un objectif de réduction des émissions de GES d'au moins 25 %.

Le Bloc veut forcer la main d'Ottawa

Le PQ n'est le seul à espérer de voir le Canada défendre un objectif fort de réduction d'émissions de GES à Copenhague.

Vendredi, le Bloc québécois a déposé une motion pour que le Canada propose, lors de la conférence de Copenhague, une réduction de 25 % des émissions de GES pour les pays industrialisés d'ici 2020, par rapport au niveau de 1990.

La motion du Bloc demande aussi de limiter à 2 degrés Celsius le réchauffement planétaire, et d'offrir une aide aux pays en développement pour leur adaptation aux changements climatiques.

Le vote sur la motion aura lieu mardi prochain. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti libéral du Canada (PLC) ont tous les deux indiqué qu'ils allaient voter en faveur de la motion. Les conservateurs s'y opposeront.

La motion ne forcera pas le gouvernement à adopter cette position à Copenhague. Mais le député Bernard Bigras soutient qu'elle enverra le message que la position du gouvernement n'est pas celle de la majorité des Canadiens.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne