![]() Sommet de Copenhague L'ambiance est au pessimismeMise à jour le mercredi 28 octobre 2009 à 7 h 35
À quelques semaines de la conférence de Copenhague sur le climat, le gouvernement Harper a confirmé que le Canada ne présentera pas son cadre réglementaire pour la réduction des gaz à effet de serre (GES) avant ce sommet international, qui aura lieu en décembre. Il s'agit d'un troisième report en trois ans pour les conservateurs, qui avaient pourtant promis de le déposer avant la rencontre de Copenhague. Le sommet de Copenhague doit déterminer les suites à donner au protocole de Kyoto. À la sortie de la période de questions aux Communes mardi, le ministre fédéral de l'Environnement, Jim Prentice, a justifié cette décision par le fait que le Canada ne pouvait pas agir seul et qu'il devait attendre de connaître les mesures que la communauté internationale adoptera.
« Pour notre système de réglementation continental ou domestique [sic], nous avons besoin d'une entente internationale. C'est très important avec les implications pour notre système domestique [sic] », a-t-il déclaré. En Chambre, les partis d'opposition ont dénoncé l'inaction du gouvernement Harper. « Est-ce que le ministre des pétrolières est conscient que le Canada, par son absence de leadership, est en train de saboter les négociations en vue de signer un accord pour donner suite au Protocole de Kyoto? », a demandé le porte-parole bloquiste en matière d'environnement, Bernard Bigras. « En refusant de déposer ce cadre réglementaire et en exigeant que le Canada ait des cibles de réductions moins contraignantes que l'Europe et le Japon, les conservateurs démontrent qu'ils n'entendent pas négocier de bonne foi à la conférence de Copenhague », a-t-il ajouté. Du côté des libéraux, David McGuinty a déclaré que le Canada « [abdiquait] sa souveraineté en refusant d'agir avant la conférence de l'ONU. « M. Prentice, je suis convaincu, suit les instructions directes de M. Harper de ne rien faire vis-à-vis les changements climatiques avant les prochaines élections. M. Prentice ne veut pas d'entente à Copenhague », a-t-il poursuivi. De leur côté, les néo-démocrates fondent plus d'espoir dans leur propre projet de loi, C-311, qui exige des cibles de réduction de gaz à effet de serre beaucoup plus sévères que celles que propose le gouvernement. Ce projet de loi, actuellement à l'étude, propose de réduire, d'ici 2020, les GES de 25 % par rapport aux niveaux de 1990. Mercredi, le parti de Jack Layton déposera une motion pour accélérer l'adoption de son projet, espérant ainsi forcer la main du gouvernement avant le sommet de Copenhague. Leur tentative risque toutefois d'échouer, puisque les libéraux ont déjà fait savoir qu'ils souhaitaient que le comité de l'environnement prenne le temps d'étudier le projet. Les yeux se tournent vers le Sénat américain
La commission du Sénat américain sur l'environnement a amorcé mardi sa série d'auditions sur un plan de réduction des gaz à effet de serre même si le projet y avait été déposé à la fin du mois dernier. Le processus pourrait prendre plusieurs mois, notamment parce que les résistances sont nombreuses, surtout chez les républicains. « La science des changements climatiques est encore dans l'incertitude », a notamment répliqué le sénateur de l'Oklahoma, James Inhofe, au secrétaire à l'énergie, à Steven Chu. Le projet de loi du Sénat vise à réduire, d'ici 2020, les gaz à effet de serre de 20 % par rapport aux niveaux de 2005. Il est légèrement plus ambitieux que celui voté en juin par la Chambre des représentants, qui affichait plutôt un objectif de 17 %. Cinq autres commissions du Sénat doivent également examiner le texte après celle de l'environnement, repoussant ainsi un éventuel vote par le Sénat à 2010. Plusieurs pays espèrent que le président Obama arrivera à Copenhague armé d'un premier vote favorable, ce qui pourrait donner un élan de dernière minute aux négociations internationales. L'issue de cette rencontre est d'autant plus incertaine que les États-Unis risquent d'arriver au Danemark les mains vides. Le secrétaire général des Nations unies a par ailleurs diminué les attentes quant à la conclusion d'un traité qui ferait suite au Protocole de Kyoto. Par la voix de son conseiller spécial pour le climat, Janos Pasztor, Ban Ki-moon, a évoqué ouvertement la possibilité de voir les pourparlers se poursuivre après le sommet, qui aura lieu en décembre. « Si on ne peut en venir à une entente formelle à Copenhague, on s'entendra plus tard », a-t-il déclaré.
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