![]() EnvironnementSauvegarde de la rivière Romaine Plaidoyer de Le ClézioMise à jour le mercredi 1 juillet 2009 à 22 h 58
L'écrivain français Jean-Marie Gustave Le Clézio joint sa voix aux opposants du projet hydro-électrique sur la rivière Romaine. Il considère que, si le projet se réalise, il s'agira d'une véritable « catastrophe écologique ». Le lauréat du prix Nobel de littérature 2008 a fait paraître un texte intitulé « quel avenir pour la Romaine? » dans la tribune du journal Le Monde. Une photographie de la rivière Romaine est accompagnée d'une mise en garde, au début du texte: « Regardez bien la photo qui accompagne cette tribune, car, dans quelque temps, elle ne sera peut-être plus qu'un souvenir ». Il dénonce Hydro-Québec, qu'il qualifie de « multinationale caractéristique du grand capitalisme ». Selon lui, la construction des quatre barrages n'a pour but que de répondre à la demande américaine. L'écrivain accuse la société d'État de pressions indues sur la communauté innue. Une tentative de procès a avorté, car « la nation innue a décidé de se rallier au projet sous la pression des avocats d'Hydro-Québec ». L'accord comprend une clause qui les oblige à renoncer à toute poursuite ultérieure. Il parle d'un combat inégal, perdu d'avance. « Que vaut la parole d'un autochtone contre la puissance d'une multinationale? », demande-t-il. Hymne à la beauté du monde
Le Clézio parle de la rivière Romaine comme d'un héritage commun qu'il faut préserver: « Si elle venait à disparaître, nous aurions tous perdu quelque chose dans cette bataille ». Il invoque le caractère sacré de la Romaine pour les Montagnais. Il décrit la rivière comme la « mère nourricière des Innus [...] liée à leur histoire depuis des millénaires ». Il loue la détermination de la poétesse innue Rita Mestokosho, de Mingan, qui continue de se battre contre la construction des barrages. De cette femme, il dit qu'elle « parle de la fragilité de son peuple, que le projet condamne à mort ». Dans son texte, l'écrivain Le Clézio reproduit un extrait de Nipin, poème de Rita Mestokosho, véritable ode à la nature. Malgré son pessimisme, le Prix Nobel de littérature 2008 garde encore espoir. La poétesse innue compte faire valoir devant la justice le fait que la nation innue n'a jamais signé de traité de paix avec Québec. Pour cette raison, les Montagnais sont « usufruitiers » de la région visée par Hydro-Québec, souligne l'écrivain. Radio-Canada.ca avec Presse canadienne et Le Monde |