Aux États-Unis, l'Agence de protection environnementale (EPA) a annoncé mardi qu'elle entendait mettre sur pied un système national visant à recenser les émissions de dioxyde de carbone et d'autres gaz à effet de serre des principaux pollueurs américains.
L'Agence de protection environnementale veut recenser les émissions de gaz à effet de serre des plus grands pollueurs américains, dont les producteurs de combustibles fossiles et les fabricants automobiles.
Raffinerie de la firme américaine Marathon, au Texas.
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PC/AP/David J. Phillip
Le système proposé par l'EPA toucherait environ 13 000 usines, responsables à elles seules de 85 % à 90 % des émissions polluantes au pays. La grande majorité des petites entreprises sera exemptée de cette disposition, précise l'Agence.
Les producteurs de combustibles fossiles (pétrole, charbon et gaz naturel), les industries chimiques et les fabricants automobiles seront par contre touchés, au même titre que toutes les autres entreprises émettant plus de 25 000 tonnes métriques d'émissions polluantes par année.
Ce seuil, qui équivaut aux émissions annuelles de 4500 automobiles, selon l'EPA, fera en sorte que toutes les industries consommant beaucoup d'énergie, comme les cimenteries, les producteurs de fer et d'acier et les producteurs d'électricité seront touchés.
« Il s'agit d'une étape cruciale vers une meilleure protection de notre santé et de notre environnement qui ne placera pas un fardeau onéreux sur les petites entreprises du pays », a déclaré la responsable de l'EPA, Linda Jackson, par voie de communiqué.
« Nos efforts pour lutter contre les changements climatiques doivent être guidés selon la meilleure information possible », affirme la responsable de l'EPA, dont les fonctions sont similaires à celles du ministre canadien de l'Environnement.
La proposition de l'EPA prévoit que les entreprises touchées devront recenser leurs émissions une première fois en 2010, de manière à ce que l'Agence reçoive un premier rapport en 2011. Selon l'Agence, l'implantation du système coûtera 160 millions de dollars au secteur privé la première année, et 127 millions pour les années subséquentes.
L'EPA précise que le Clean Air Act (Loi sur l'air propre) lui confère les pouvoirs nécessaires pour mettre au point ce plan. La proposition qu'elle a présentée mardi sera soumise à une période de consultations publiques de 60 jours, dans le cadre de laquelle auront lieu deux audiences publiques.
La décision de l'EPA pourrait ouvrir la voie à l'implantation d'une bourse du carbone, dans le cadre de laquelle les entreprises se voient imposer un plafond d'émissions polluantes. Les entreprises qui se situent en deçà du seuil qui leur est imposé peuvent vendre des crédits d'émissions, qui sont achetées par d'autres firmes qui dépassent le plafond que leur impose le gouvernement.
En campagne électorale, le président Barack Obama a promis de créer une bourse du carbone et de viser une réduction des gaz à effet de serre de 80 % d'ici 2050 par rapport au niveau de 1990. Les États-Unis, qui sont les principaux émetteurs de gaz à effet de serre du monde, n'ont jamais ratifié le protocole de Kyoto.